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Mon amour, mon amante,

Las de ces champs de bataille jonchés de soldats, les tripailles offertes aux corbeaux qui tournoient et croassent au-dessus de nos têtes, je n'ai qu'une envie déguerpir, fuir ce charnier nauséabond.
J'ai beau regarder le frontispice de l'ouvrage que tu m'as offert, charmante illustration honorant ta beauté, elle ne m'apaise plus mais me torture davantage.
Que répondre aux litanies de ces hommes fatigués partant de batailles inutiles. Cette guerre dure depuis trop longtemps. Le gonocoque a fait des ravages, les hommes atteints de chaude-pisse hurlent à chaque miction. Sales, malades, ils refusent d'avancer et de combattre.
Soumis aux ordres d'un chef charismatique, pour mieux les asservir, devant un tel spectacle, je n'en tire aucune gloire.
Ma douce maîtresse, ma concubine, je me languis de toi. Ma décision est prise, je dois emprunter des chemins de traverse pour te rejoindre au plus vite.
Frondes et sarbacanes ne pourront m'empêcher d'arriver jusqu'à toi. Cette chevauchée à travers les champs de chanvre tout juste coupés sera ma dernière expédition.
Ta demeure sera mon refuge. Oh ! qu'il me presse de me blottir dans tes bras dans ce grand lit à baldaquin qui accueillait nos ébats. Retrouver la chaleur, la douceur de ta peau. Sentir ton corps, m'enivrer de ton parfum.
Offre l'hospitalité à mon émissaire. Permets-lui de se reposer en ta demeure. Surtout, garde secrète ma venue.
Mon amour, mon amante, ma tendre concubine, que ces quelques jours qui me séparent de toi vont me paraître long.
Il me tarde de te serrer dans mes bras.

Ton doux serviteur.
Edmond

Tag(s) : #Textes des auteurs
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