Proposition 321 – Le souffle du bois flotté
Sur une plage, au bord d'un lac ou d'une rivière, quelqu'un ramasse un morceau de bois flotté. Il est tordu, poli par l'eau, blanchi par le soleil. On pourrait croire qu'il n'est plus qu'un morceau de bois. Pourtant, chaque fissure raconte un voyage.
Écrivez son histoire. D'où vient-il ? Qu'a-t-il traversé ? Qu'a-t-il vu ? Entre quelles mains est-il passé ? Pourquoi est-il arrivé précisément ici, aujourd'hui ?
Libre à vous de rester dans le réel ou de laisser le merveilleux s'inviter.
Contraintes : aucune, cela peut être un poème, un texte long ou court.
- Parce que dans un récit, il faut toujours s’imprégner de la matière, partir du vivant pour le retranscrire, avant de chercher une histoire, regardez un morceau de bois. S'il pouvait parler, que raconteraient ses nœuds, ses cassures, ses parties polies, ses parties encore rugueuses ?
- Pendant quelques minutes, oubliez qu'il s'agit d'un objet. Imaginez sentir le froid de la rivière, attendre sous la neige, être emporté par une crue, sécher au soleil. Le texte gagnera en sensorialité.
- Lui donner une émotion, pas forcément humaine mais peut-être connaît-il la patience, l'usure, l'attente, la résistance, le soulagement. Une matière peut porter une émotion.
- Utiliser les cinq sens : Le bois connaît le goût du sel, l'odeur de la vase, le bruit des galets, la brûlure du soleil, le froid de la glace. Les sensations racontent souvent mieux qu'une chronologie.
- Une piste supplémentaire : le symbole. Comme lui, nous sommes façonnés par ce que nous traversons. Et si ce morceau de bois racontait aussi quelque chose de profondément humain ? En utilisant ce symbole, votre texte gagnera en profondeur.
Proposition 322 – Un souvenir à réinventer
Nous avons tous un souvenir que nous croyons connaître par cœur. Pourtant, la mémoire n'est pas une archive fiable : elle oublie, déplace, invente, répare. Choisissez un souvenir de votre enfance ou de votre vie. Un moment heureux, douloureux ou parfaitement ordinaire. Puis changez un seul élément. Ce peut être le lieu, la saison, une personne présente, votre âge, l'issue de la scène, un objet, la météo, une phrase prononcée…
Laissez cette modification transformer peu à peu tout le souvenir.
Que devient-il ? Que révèle-t-il ? Quelle autre histoire était peut-être cachée derrière celle que vous racontiez depuis toujours ?
Contraintes :
- Vous n'avez le droit de modifier qu'un seul élément.
- N'expliquez jamais ce qui appartient au souvenir réel et ce qui a été inventé. Le texte doit vivre pour lui-même.
- Votre texte devra obligatoirement se terminer par l’une de ses deux phrases :
- Pourtant, ce n'est pas ainsi que cela s'est passé.
- Aujourd'hui encore, je ne sais plus laquelle des deux histoires est la vraie.
- Commencez par un souvenir très simple, pas besoin de choisir un grand moment de votre vie. Ça peut être un goûter, une promenade, une salle de classe, une odeur. Les souvenirs ordinaires cachent souvent les plus belles métamorphoses.
- Écrivez d'abord le souvenir en quelques lignes, puis réécrivez-le avec votre modification. Observez ce qui change spontanément. Par exemple la pluie devient du soleil, un chien remplace un chat, une porte reste fermée, quelqu'un arrive avec dix minutes de retard, etc.
- Demandez-vous : "Si cela s'était vraiment passé ainsi, qu'est-ce qui changerait naturellement ?" et laissez votre nouveau texte répondre à cette question.
- Cherchez ce que le changement révèle : L'intérêt n'est pas de tromper le lecteur mais de découvrir pourquoi vous avez eu envie de changer ce détail-là. Parfois, la fiction révèle davantage que la mémoire.
Je vous souhaite un très bel été, et on se retrouve en septembre, en pleine forme !
Bonne écriture,
Nanou
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