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Bonjour,

Voici les deux nouvelles propositions du mois de mars 2026 :

Proposition 313 – Poème en creux

Le 21 mars est la journée mondiale de la poésie et je tiens particulièrement à la fêter cette année comme une chose qui tient chaud quand tout le reste lâche !

Consigne : je vous propose de choisir un élément brut : vent, rouille, sel, pierre, os, boue, bois flotté, pluie… et de rédiger un poème contemporain où cet élément parle à la première personne, mais sans jamais le nommer.

Contraintes et astuces : la poésie parfois tient dans ce qu’on retire. N’hésitez pas à bien travailler votre texte de sorte à supprimer tout ce qui explique, à enlever les adjectifs non essentiels, à retirer les phrases trop explicites. Puis réduire encore, couper jusqu’à ce que le texte tienne presque par miracle : on doit sentir que quelque chose a été vécu mais jamais nommé. Cela oblige la langue à contourner, et le contournement crée la poésie !  

L’art du poème contemporain se base sur ces éléments essentiels (ne prenez en compte que ce qui peut coller à la proposition, ici je vous donne des généralités) :

  • Le refus du lyrisme décoratif (inutile d’employer de grandes phrases, ce qui touche c’est la justesse nue) ;
  • Le concret doit passer avant l’abstrait (on ne dit plus « la tristesse », on parle par exemple « d’un rideau qui ne bouge pas ») ;
  • La fragmentation est essentielle également (poème haché, syntaxe brisée) ;
  • Le mélange des registres : le quotidien, le vocabulaire technique, les mots bruts, etc...
  • Privilégier la tension plutôt que la chute (le poème peut se terminer en suspens ou sur une image ouverte ;
  • La poésie doit être incarnée (le corps n’est pas métaphore, il est lieu d’expérience / le paysage n’est pas décor : il est relation)
  • Effacement du “je” lyrique (on est plus chez V. Hugo ou A. Lamartine, ici le « Je » n’est plus le centre du monde, il doute, il observe...).

Je vous invite à découvrir Yves Bonnefoy, Andrée Chedid ou Cécile Coulon, trois de mes poètes contemporains préférés. Vous pensiez que la poésie contemporaine était facile, détrompez-vous ! … 

 

Proposition 314 – Ce qui tient debout

Il y a, dans nos vies, quelque chose qui empêche l’effondrement. Ce n’est pas forcément grand. Ce n’est pas forcément noble. Mais c’est là.

Consigne : Ecrire un texte à partir de la phrase « Il y a quelque chose qui me tient debout, et ce n’est pas ce que l’on croit. »

Contraintes et astuces :

  • Écrire un texte introspectif à la première personne.
  • Le cadre : votre récit se passe dans une seule journée et dans un seul lieu principal.
  • Un objet ou une matière revient au moins trois fois dans votre texte (ce n’est pas l’objet qui est important, c’est lui juste qui soutient l’équilibre).
  • Éviter les mots abstraits (courage, espoir, résilience, douleur…), tout doit passer par le geste (comment le corps s’assoit, se redresse, plie le linge, marche, hésite, etc..).
  • Finir votre texte sans résolution claire, juste une posture (peut-être imparfaite mais verticale).

 

Eh bien.
Il me semble que la matière ne manque pas. À vous de la pétrir !

J’espère que ce nouveau format vous accompagnera mieux : des consignes claires, des contraintes, quelques pistes pour affûter. Cela me demande du temps, mais si cela vous aide à aller plus loin, à creuser plus juste, alors j’essaierai façonner chaque proposition ainsi.

Dites-moi ce que vous en pensez. Vos retours comptent (n’oubliez pas : même lorsque je reste silencieuse, je vous lis. Je suis là, de l’autre côté de l’écran, attentive à vos élans, à vos tentatives, à vos fragilités aussi). Si vous avez envie, vous pouvez aussi me suivre sur instagram.

Bonne écriture.

Nanou

 

Tag(s) : #Propositions antérieures
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