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Depuis quelques six mois, le commandant Canard remontait la pente. Il était presque heureux. Il avait rejoint un tranquille commissariat dans la Bresse et s’était refait une santé. Il avait arrêté de fumer et les cendres de ses mégots ne souillaient plus sa bière. Pas facile de se reconstruire quand on a tout perdu.

 

Là il faut que j’explique ; Canard nom déjà difficile à porter pour un policier de son grade avait subit les assauts de la vie. Après bien des palabres, il avait réussi à convaincre une jolie petite canette de l’épouser. Elle était arrivée un jour avec un groupe d’ eiders sauvages. Il l’avait sortie des latrines publiques où elle avait chu et l’avait prise sous son aile.

Mais voilà qu’un jour au sein de la brigade est arrivé une espèce de galopin, un rien de rien qui immédiatement l’a séduisit. Il en fit son jouet. Il a su lui parler en termes vaseux de son jardin secret. Celui où l’on cultive des navets et où il fait tellement chaud que l’on se désaltère avec du jus d’orange parfumé d'une larme de Cointreau. Cane s’embrasa comme une torche et suivit ce sombre malandrin au col vert. Canard resta sans voix parcouru de frissons. Il visita tous les coins et recoins, se dandina dans tous les chemins en pure perte, jamais elle ne revint. Il se laissa aller à la déprime. La chair à vif, il s’aigrit et volait dans les plumes de tous ses voisins. Un de ses adjoints Canari se vit même menacé d’être enfermé toute une nuit en cellule pour avoir osé siffler.

Pour oublier son chagrin, il demanda et obtint sa mutation. A Basse-cour, il vivait près de la mare au milieu de laquelle une fontaine naturelle lui fournissait de l’eau pure et claire. Il avait repris sa vie en main et avait juré qu’on ne l’ prendrait plus. Il s’était installé dans la tourelle et y demeurait à l’abri.

Enfin remis au travail, il menait  avec panache avec l’aide d’une bande d’oies serviles,  des enquêtes délicates comme la mystérieuse affaire des trois petits cochons, découvert comment Blanquette, la chèvre de monsieur Seguin cassait  sa corde pour fuguer et ramené à la raison Petit Pierre qui voulait capturer le loup. Pour couronner tous ses magnifiques résultats il avait su, avec doigté,  résoudre sans aucun dommage la prise d’otage des sept chevreaux. Tout allait donc pour le mieux. Eh bien non !

Malgré ses résolutions voilà le commandant Canard amoureux ; Oui amoureux. Tout alangui. Un matin revenant de la piscine, il aperçut sur le bord une petite poulette. Oh ! Qu’elle était jolie, pimpante, la crête bien dressée rouge vermeil. Une envie d’effeuiller ses plumes immaculées le saisit. Il s’approcha de la coquine l’invita à prendre un ver qu’elle refusa. Il lui proposa  alors des grains de maïs à picorer, des larves bien grasses ou encore des petits cailloux roses et transparents. Mais rien ne plaisait à la frêle poussinette.

C’est alors que le vieux coq noir et gris arriva  et lui murmura à l’oreille. Pépita n’est pas comme nous. Je n’ai pas su la tenir sous mon joug. Pour la séduire tu dois lui offrir des pizzas et encore des pizzas.

 

 

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