Elle a fait des pelures toute seule
Elle a fait des pelures toute seule
C’était dans ces années un peu folles
Ou le latex n’était plus à la mode
Elle a fait des pelures toute seule.
Elle a fait des pelures toute seule
Elle a fait des pelures toute seule
Elle a choisi un beau crayon mine
Pour la finesse de ses traits
Elle a fait des pelures toute seule
Elle frotte, frotte, toute la journée
Elle frotte, de Décembre en été
De surfaces minces en surfaces apprêtées
De brouillons de lettres en ouvrages ordonnés
Et elle tire, tire les mailles du papier
Elle remue les fibres toute seule
Elle remue les fibres toute seule
Et elle s’agite comme dans ses pubs infâmes
Où le graphite fait l’amour au papier
Elle remue les fibres toute seule
Elle frotte, frotte, toute la journée
Elle frotte, de Décembre en été
Du papier ordinaire jusqu’au papier vergé
Et les papiers couchés qui pleurent leur passé
Elle assume, sume, sume sa seule propriété
Et elle frotte, frotte, toute la journée
Elle frotte, de Décembre en été
De surfaces minces en surfaces apprêtées
De brouillons de lettres en ouvrages ordonnés
Et elle tire, tire les mailles du papier
Elle a fait des pelures toute seule
Elle a fait des pelures toute seule…
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