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Je croyais pourtant qu'elle serait mon amie quand je lui ai réservé une place de choix chez moi et dans ma vie. Je pense avoir tout fait pour l'apprivoiser, la séduire. Persuadée qu'un jour j'aurais le retour de mes efforts, je pourrais même dire de mes souffrances. Je venais la voir chaque matin, mais notre tête à tête me laissait toujours un goût amer. Je l'ai écoutée : je suis devenue végératienne, puis végéralienne, j'ai appris le bio, fais du sport, soigné mon corps, mais rien ne semblait la satisfaire, elle devenait de plus en plus exigeante. Bien que, plus tard, je vienne lui rendre visite deux fois par jour, elle exerçait sur moi une véritable dictature. Tyrannique, sans coeur, sans reconnaissance, juge impitoyable de mes erreurs, de mes faiblesses. Il est arrivé à plusieurs reprises qu'elle me laisse une lueur d'espoir, mais c'était pour mieux m'abandonner, me laisser dans un accablement infini.

Je suis allée parfois, lors de visites matinales, jusqu'à me tenir sur un seul pied dans l'attente d'un signe de sa part, d'un peu de pitié, ou alors je prenais appui sur un meuble pour l'attendrir, la faire fléchir, mais rien n'y fit : elle m'opposait inexorablement les mêmes signes. Je finis par ne plus penser qu'à elle qui me possédait totalement, annihilait ma vie, m'avait mise en esclavage.

 

Un jour, pourtant, dans un sursaut de conscience, j'ai compris qu'il fallait que je la tue pour être enfin libre. Dans un éclat de colère, avec rage mais plaisir, je la brisai, la détruisis. Auparavant, j'écrivis avec délectation sur son ventre drois, sans âme :

 

Adieu, toi, qui aurait pu être mon amie,

Balance, je te balance,

Pèse-personne, tu ne pèseras plus personne,

Adieu basses calories, faux sucres, faux gras,

Vive la vie, à moi les bons petits plats.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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