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J’ai volontairement oublié d’être comme les autres, je ne suis pas un mouton de panurge. D’ailleurs, je n’aime pas les moutons.

 

Je suis plutôt une personne indépendante, qui n’a besoin de personne pour vivre. Un peu comme mon chat, finalement. Non pas que je me prélasse toute la journée sur le canapé, non, disons plutôt que je vis ma vie au gré des solstices et des saisons sans que jamais mon parcours n’ait d’incidence sur la rotation de la terre…. Comme ça, je suis sûre de ne faire du mal à personne. En résumé, je passe inaperçue, et me fonds dans le paysage à la manière d’un caméléon, dans la transparence la plus complète. Vous ne m’avez jamais remarquée ? C’est normal. En dehors de la balafre sur le bas-ventre due à une opération des ovaires,  opération qui a mis fin à tout espoir d’avoir un jour une progéniture digne de ce nom et qui m’a « rangée » aussitôt dans la catégorie des nullipares, je ne vois pas comment l’on pourrait deviner qui se cache sous le camouflage équivoque que j’arbore avec fierté lorsque je sors de mon logis. N’avez-vous donc jamais vu un sac à patate asexué qui se balade dans les rues grises et sombres de la ville ?

 

C’est triste, pensez-vous ? Non, pas du tout. C’est une autre philosophie, tout simplement. Au carrefour des vies, je ne fais que passer. Je ne m’arrête jamais. Ne m’attache jamais. Je préfère me protéger des sentiments qui partent bien souvent en fumée.  Ne croyez pas que je m’ennuie. Une âme ouverte à tous les temps ne peut s’ennuyer ; et j’ai ce recul que personne ne peut avoir. Ainsi, lorsque je vous croise,  je dissèque chacune de vos vies, laissant libre cours à mon imagination,  vous laissant à vos certitudes de ce qui est bien ou mal, à vos incohérences et autres accointances avec le diable, et parfois même je vais jusqu’à éplucher vos habitudes de maniaques au bord de la folie, à étudier vos périples et autres assuétudes qui vous permettent de palier aux difficultés de la vie et à votre absence de satisfaction. Cela provoque en moi un plaisir réel dont je retranscris sur papier avec tendresse le moindre détail croustillant lorsque je rentre dans ma masure. Je me sens au-dessus de vous et de la légèreté de votre existence. Pourquoi ? Tout simplement parce je prends le temps de vivre et de vous regarder vivre. J’écoute la nature et les bienfaits qu’elle peut nous apporter, peu importe si je suis à contre-sens en matière de mode ou à l’opposé des archétypes de notre bonne société de consommation, tout ça n’est que du vent, une tornade de bêtises qui vous enroule dans son engrenage pour mieux vous asphyxier et prendre vos âmes. Non, moi j’ai décidé de vivre. De vivre en harmonie avec moi-même. Et toute ma vie je resterai fidèle à cette philosophie. Parce que j’ai choisi d’être moi, tout simplement.

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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