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De l’enfer des poètes mal-connus, j’entends parler de cet autre poète maudit  mais très connu qui aurait dit “Je est un autre”.

Moi, « Je suis l’autre » qui a dit qu’il était l’autre. Sous un portrait de moi fait par le grand Nadar, j’ai écrit de ma main ma propre sentence.

Car si je suis le papillon, « fleur sans tige qui voltige *» de ses mille couleurs  au-dessus de Sainte-Pélagie où j’ai croupi.

Je suis aussi l’autre, ce  phalène, sombre hôte de la nuit** qui planera sur la rue la Vieille-Lanterne.

Car si je suis le double vainqueur de l’Achéron, je suis aussi « le ténébreux,-le veuf,-l’inconsolé*** .»

Je suis l’auteur des « Odelettes » qui remplissent de leur airs joyeux « l’allée du Luxembourg » mais je suis aussi celui du « Christ aux Oliviers »  qui comme celui de Jean-Paul s’écrie :

« Dieu est mort ! le ciel est vide…

Pleurez !enfants, vous n’avez plus de père. »

Je suis la « Fantaisie » d’une femme à sa haute fenêtre qui danse sur un air de Rossini.

Je suis aussi le père  mélancolique des « Filles du feu » qui erre dans Mortefontaine à la recherche de sa mère perdue dans la froide Allemagne.

Je suis le génial traducteur de Faust mais je suis aussi le pisse-copie qui court tous les spectacles pour s’acheter un manteau qui me manquera tant pendant ma nuit noire et blanche.

Je suis l’égal d’Heine mais je suis aussi celui que certains prétendus amis enfermeront dans la folie en mots avant d’aller me sourire à l’asile.

Je suis l’autre qui m’entraîne et vous avec moi, dans le sillage de ses rêves d’alchimiste illuminé.

 

*Nerval, « Les papillons»

**adaptation du même poème.

***El Desdichado

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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