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Balthazar était clochard. D’origine Magyar, ses parents avaient dû traverser les Carpates en usant de ruses dignes de Renart, le goupil. Le hasard et les aléas de la vie, l’avait mené vers une caravane abandonnée dans un terrain vague derrière le boulevard. Balthazar partageait son coin de paradis avec un groupe de motards joyeux et bruyants. Le vacarme lui importait peu  du moment qu’il était  pénard. Chaque jour, toujours vêtu du même falzar fatigué en coton cardé, un foulard  bleu enroulé autour du cou, il allait en compagnie de son clébard Oscar, à la boulangerie du carrefour acheter son  bâtard dont il  dégustait de larges tartines avec une tranche de lard, des haricots et de la marmelade bizarre.

Un jour, un loubard, venu de nulle part s’en prit à son chien. Balthazar joua des poings mais il se retrouva avec un coquard et Oscar étendu sans vie.

Il pleura son compagnon et fila chez son ami Armand qui tenait le bar et la gargote d’en face avec  sa femme Bernadette, surnommée Babar.  Celui-ci qui préparait des artichauts écouta son histoire et lui servit plusieurs Ricard pour apaiser son cafard. Peu habitué à ce breuvage, notre ami, blafard, fila s’allonger près de la petite mare où trois canards barbotaient et plongeaient sous une petite barque de fortune. Il quitta ses godasses et les panards en bouquet de violettes, il s’étira et regarda le ciel. Les rares nuages, un air  hilare, l’invitaient à une sieste bienfaitrice…un délice, ce moment où rêve et réalité se confondent…  Un moutard, en calebar pêchait des têtards avec une épuisette. L’eau  trouble lui caressait les chevilles. Plus tard, il attrapa le lézard mordoré qui tous les jours flemmardait sur le rocher ; il fourra sa maraude dans son cartable. Il  était en retard, bien sûr et bredouillait des bobards au maître lequel feignait de froncer les sourcils. La belle Clara lui souriait et lui dérobait de chastes baisers… mouillés…Un petit museau frottait son visage.

- Vois-tu, Cabocharde t’a déjà adopté lui susurra Armand le regard attendri sur une boule de poil que lui offrait ses amis routards.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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