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C’est beau d’avoir élu

Domicile vivant

Et de loger le temps

Dans un cœur continu,

Et d’avoir vu ses mains

Se poser sur le monde

Comme sur une pomme

Dans un petit jardin,

D’avoir aimé la terre,

La lune et le soleil,

Comme des familiers

Qui n’ont pas leurs pareils,

Et d’avoir confié

Le monde à sa mémoire

Comme un clair cavalier

A sa monture noire,

D’avoir donné visage

À ces mots : femme, enfants,

Et servi de rivage

À d’errants continents,

Et d’avoir atteint l’âme

À petits coups de rame

Pour ne l’effaroucher

D’une brusque approchée.

C’est beau d’avoir connu

L’ombre sous le feuillage

Et d’avoir senti l’âge

Ramper sur le corps nu,

Accompagné la peine

Du sang noir dans nos veines

Et doré son silence

De l’étoile Patience,

Et d’avoir tous ces mots

Qui bougent dans la tête,

De choisir les moins beaux

Pour leur faire un peu fête,

D’avoir senti la vie

Hâtive et mal aimée,

De l’avoir enfermée

Dans cette poésie.

 

A la façon de Jules Supervieille, je vous propose d’écrire votre propre « hommage à la vie », sous la forme d’une poésie de 40 vers sans strophe, en utilisant obligatoirement les cinq mots suivants, et dans l’ordre : Eclair – jeu – visage – chair – pluie. Vous insisterez dans votre création, sur les sonorités et le rythme du temps qui passe, et à la manière de Jules Supervielle dans ses poèmes, vous vous essayerez à employer sa figure de style favorite : l’oxymore.  

 

Tag(s) : #Propositions antérieures
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