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Tous les matins, je passais par là pour aller chercher mon pain et c’est la première fois que je voyais un vélo arrêté ici ! À cela rien d’exceptionnel, c’était un lieu de promenade, mais tout de même…

 Le chemin qui passait devant la petite maison, avait été revêtu depuis peu de gravillon sur une mince couche de goudron. La commune avait fait ce qu’elle pouvait eu égard à ses moyens pour satisfaire ses administrés. Le chemin couvert de nids de poule était si abimé qu’il fallait bien un jour ou l’autre faire quelque chose pour le remettre en état. D’autant que les beaux jours arrivants, les promeneurs, qu’ils soient cyclistes ou marcheurs aimeraient se promener par là. Tout dans le paysage y était agréable. Les habitations y étaient rares à part celle-ci bien qu’elle avait perdu depuis longtemps ses locataires. Le bruit avait couru, que si l’entrée de la maison avait été murée, c’était pour que les squatters ne puissent plus s’y réfugier.

 L’attrait supplémentaire en ce lieu, était le canal qui au-delà du chemin et de quelques mètres d’herbes couvertes à la belle saison de fleurs sauvages, laissait couler ses eaux tranquilles.

 J’avais suivi mon chemin vers le bourg pour aller acheter mon pain, sans voir qui que ce soit dans les parages. Les seuls bruits que j’entendis furent ceux des oiseaux qui s’égosillaient dans le tilleul voisin. Le vélo n’était pourtant pas arrivé là tout seul, pensais-je !

À mon retour, plusieurs dizaines de minutes plus tard, le vélo avait disparu. J’eus beau chercher derrière la maison et alentour, rien. Je rentrais chez moi un peu intrigué tout de même ; j’avais surement été observé, quant à moi, je n’avais rien vu.

 Je voulais en avoir le cœur net. De retour chez moi, je me préparais un pique-nique avec l’intention d’y retourner déjeuner. Plutôt que de m’y rendre à pied, je choisissais le vélo. Le pique-nique dans le sac à dos, j’enjambais la machine et en dix minutes j’étais sur les lieux. L’endroit était toujours aussi désert et le soleil à son zénith. Il était apparent que la suite de la journée serait très chaude.

Le tilleul qui se trouvait là, étendait sur l’herbe une belle zone ombragée. J’en profitai pour m’y installer, après avoir étendu une couverture au sol. Ainsi adossé à l’arbre, je commençai à casser la croûte.  Une fois le repas fini, je me dirigeai, comme je l’avais fait au matin, vers l’arrière de la maison. Je ne voyais rien de nouveau, à part peut-être que des fleurs avaient été écrasées au sol. Cela ne m’intriguait pas trop dans la mesure où ce n’était probablement que mes propres pas de ce matin. Je retournais sur l’herbe avec du coup la ferme intention d’y faire une sieste. J’avais amené avec moi un bouquin pour le cas où. Je m’allongeais et me plongeais dans la lecture. Cela ne dura pas bien longtemps, le sommeil m’emporta rapidement…

Lorsque je me réveillais, l’ombre s’était déplacée, j’étais en plein soleil. La sueur perlait à mon front et mon visage était brûlant, j’avais certainement de sérieux coups de soleil. La chaleur devenait difficilement supportable et je dus me lever pour changer d’endroit, c’est à ce moment-là, que je fus surpris... Mon vélo avait disparu !

 

Je pliais bagage et me lançais à sa recherche. Je fis le tour de la maison en vain. J’y revenais et me mis à secouer sans conviction la porte qui se trouvait à l’arrière. Puisqu’à l’avant elle était murée, je ne voyais en toute logique pas pourquoi il y aurait une autre issue. Qu’elle ne fut pas ma surprise lorsque la poussant, elle céda sous ma poussée.

 

Dans la pièce où je venais de pénétrer, je retrouvais mon vélo ainsi que celui disparut du matin. Il semblait n’y avoir personne d’autre dans le local. J’inspectais les pièces avec prudence. Les rayons de soleil qui s’étaient glissés au travers des volets en bois inondaient les pièces d’une luminosité qui me permettait de voir presque comme en plein jour. Je découvrais sur le sol, par ailleurs couvert de détritus, un sac de couchage en piteux état. Rien ne me permettait de penser que quelqu’un pouvait vivre ici en permanence…

 

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