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Commencer la journée en lecture et la finir de même, voilà ce qu’elle aime faire, ce qu’elle fait et continuera sans doute de faire, quel que soit l’endroit où la vie l’emmène. Certains fument au lit, Mémère, elle, lit au lit.

Comment dormir sans sa petite lecture du soir ? C’est sa lueur d’espoir, celle qui lui fait aimer le noir et oublier tous ses déboires. Qu’il soit tôt ou tard, qu’il fasse chaud ou froid, pour  Mémère pas d’importance : tous les soirs, les livres l’appellent, ils font la danse, Mémère s’apprête et Mémère pense : « enfin mon lit, c’est l’heure de lire, bonne nuit tout le monde et maintenant, silence ».

En hiver tout commence par la bouillotte : bien chaude, trop chaude : Les pieds ne doivent pas gêner la tête, alors leur faire une fête, les réchauffer, les dégeler,  les poser petit à petit sur ce petit puits de chaleur. Et se glisser sous la couette, enfiler son peignoir à l’envers, les bras dans les manches, le dos devant, c’est vraiment pingouin mais elle se sent  tellement  bien. Mettre des mitaines, celles avec des trous au bout, celles qui permettent de tenir les mots droit debout, de tourner les pages lentement ou frénétiquement, de toucher du bout des doigts la vie des héros d’autrefois. Presque prête, il reste les lunettes : sur le nez la journée, pour lire mieux vaut les enlever, Mémère est presque âgée, de près chaque lettre y gagne en clarté.



Mémère est coincée et bordée de tous côtés, lovée ou allongée, plus rien ne la distrait. C'est pas sexy mais elle s’en fout car c’est au fond d’un lit  que les plus belles histoires se nouent. Enfin ouvrir le livre, allumer la tablette, reprendre la dernière page, oublier tous les maux pour mieux plonger dans les grands mots. Ouvrir la porte aux rêves. Cinq minutes, dix minutes, une heure, une page, deux pages, peut-être un chapitre, même deux ou trois, encore plus pourquoi pas. Quelle importance ! Quand Mémère lit, c’est les vacances : elle décompresse, plus rien ne la stresse, qu’il soit vingt heures ou vingt-trois heures, rien ne l’arrête. Ses pensées de la journée disparaissent. La torpeur la gagne, ses yeux papillotent. Petit à petit, les mots l’emportent, Mémère s’échappe et retrouve pour quelques heures des rêves réparateurs. 

Chaque soir, du fond de son lit, Mémère lit et évite les insomnies.

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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