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« Hé, attends-moi  bel oiseau ! Ne t'en vas pas ! Emmènes moi au pays des friandises de Noël ! »
J'osais, pour la première fois, m'approcher du grand paon blanc, aux ailes dorées, qui d'habitude me faisait si peur. Sa crête ressemblait à un diadème couvert de bonbons qu'il agitait en tous sens. De son bec rose comme une guimauve, il me désigna son dos et ouvrit une aile aux plumes brillantes pour que je puisse grimper. Pas facile de monter sur le dos de ce volatile, mais je m'accrochais à son plumage immaculé. Je lui chuchotais à l'oreille : « Envoles-toi vite, je veux aller là où l'on fabrique toutes les douceurs sucrées de Noël. » En quelques coups d'ailes, nous étions déjà au milieu des nuages ouatinés, tels des barbes à papa dodues. En un clin d'œil, l'oiseau me déposa au bas d'un escalier blanc et moelleux de nougat tendre, les candélabres qui le bordaient étaient des sucres d'orges géants d'où pendaient des guirlandes de papillotes et de boules de gomme. Je m'appuyais sur la barrière pour contempler un jardin féérique, mais je tombais en avant, m'écrasant le nez sur une énorme meringue : la barricade n'était que du réglisse, les fleurs  ouvraient leurs calices sur des pâtisseries et des confiseries, et une fontaine de chocolat gazouillait au milieu du jardin. Je me précipitais pour y tremper un index gourmant,  mais je dérapais sur le gazon…. Euh non, rectification, ce n'était pas de l'herbe, mais un tapis d'angéliques confites et je m'emmêlais les pieds dans des centaines de colliers de bonbons roses et verts fluo composant les massifs. Je m'étalais à nouveau devant d'énormes sucettes à l'orange tenaient lieu d'arbres, tandis que de gros puddings aux noix riaient de me voir aussi maladroite. Les flocons de neige qui voltigeaient dans l'air parfumé étaient faits de sucre glace et saupoudraient doucement le paysage d'un joli blanc. Je suivais alors le chemin de bougies écarlates qui m'amenèrent à une maison étincelante où un sapin étoilé accueillait sur ses branches des nuées d'oiseaux blancs et dorés. En entrant dans la maison, tous les sens en éveil, je m'aperçus que les murs étaient en pain d'épices recouverts de sucre glace et que les lustres étaient en fruits confits. J'avais bien envie d'y goûter, mais je me retins car au fond, tout près d'une énorme cheminée, une cohorte de marmitons, d'à peine deux pieds de haut, s'affairaient autour de chaudrons d'où s'échappaient des fumets merveilleux de sucre et de fruits qui ont cuit et recuit. Juste derrière eux, deux jolies cuisinières aux joues bien rouges rangeaient des dizaines de gaufres toutes dorées et chaudes au fur et à mesure qu'elles les cuisaient, tandis qu'un nain, en livrée blanche, tournait du chocolat au lait fumant parfumé à la cannelle dans un énorme chaudron. Ma gourmandise n'en pouvait plus, j'étais dans un paradis extraordinaire où tout n'était que sucreries, confiseries, pâtisseries, chocolat et friandises…. Le paon que j'avais laissé en bas de l'escalier m'attendait maintenant dans un minuscule salon de thé, tout rose comme une bonbonnière et me désignait un fauteuil moelleux. Ah enfin, j'allais pouvoir déguster toutes ses merveilles. « Mais, non, non, ne me secouez pas »…… !!! « Eh Maman réveilles-toi, le Père Noël est passé cette nuit. Vite, vite », et j'ouvrais mes paupières sur les yeux impatients et candides de ma fille et de mon fils qui n'attendaient qu'une chose : descendre au pied du sapin et ouvrir leurs cadeaux.

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