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« Je dis au revoir à ma mère devant la porte avec deux baisers, une forte étreinte et la surprise de constater que tout ce que j'avais découvert lors de ces derniers jours ne parvenait pas à modifier notre relation ».

 

Au détour du chemin qui menait de la maison à ma voiture; je me retournais et regardais la grande bâtisse qui s'élevait presque aussi haute que la cime des chênes qui l'entouraient. C'est là que j'étais né trente et un ans auparavant. Et c'est donc là aussi qu'elle était née, quelques heures après moi. Peut être que j'avais croisé son regard quelques secondes avant qu'on ne l'emmène. Peut être avais-je ressentis cette colère et cette tristesse qui m'avaient suivit toutes ces années et qui redoublaient maintenant que j'avais découvert cette terrible vérité.

En entrant dans ma voiture,  je m'interrogeais alors sur toutes ces années ou j'avais grandit seul. Mais le plus intriguant restait le comportement de mes parents. Jamais je n'eus à soupçonner quelconques agissement troubles ou étranges qui aurait pus m'indiquer sur l'existence d'Hélène. Aucune faiblesse et aucun pleurs de ma mère devant moi, ou que j'aurai surpris.

Avaient-ils purement et simplement abandonné ma soeur pour cette raison funeste qu'elle était « anormale ». L'avaient ils oublié ensuite pour vivre sans remords et sans culpabilités. Et jamais même dans leurs pires querelles avant, durant et après leur séparations, ils ne se sont trahis pour moi. Étais-je donc si crédule et si naïf. De le penser me blessa un instant.

Le paysage défilait de chaque côté de la route mais je n'en avais cure. J'étais obnubilé par l'image de mon père et bien qu'il était tard, je prenais la direction de sa demeure.

Il m'attendait sur le perron, Christelle sa deuxième femme l'accompagnait. J'espérais au moins qu'elle n'était pas au courant. Même après quinze ans ensemble, mon père ne lui aurait quand même pas révéler, une des pire action de sa vie sans au moins en parler au plus concerné.

Quand je l'embrassa, j'eus l'impression de retenue de sa part. Il savait pourquoi j'étais là. Ma mère l'avait déjà prévenu de ma découverte. Ce qui eut le don de m'exaspérer tant, que je ne pus réprimé la colère qui couvait en moi.

-Vous savez vous entendre, avec maman, quand c'est pour poignarder les autres dans leur dos.

-Tu n'es pas les autres, mon fils, répondit-il d'un ton calme. Et puis nous t'avons pas poignardé ! Il y a des secrets de famille qu'il ne vaut mieux pas révéler, ajouta t-il machinalement.

-Ah c'est comme ça que tu appelle ta fille Hélène, un « secret de famille » Et j'en fais parti ou pas de « la famille » insistais-je

-Nous avions nos raisons et je n'ai aucun compte à te rendre, s'emporta-il mais retenue par sa femme.

Dans mes veines le sang bouillonnait, j'avais promis à ma mère d'essayer de comprendre et je croyais même avoir digérer la terrible nouvelle. Là pourtant devant mon père, je constatai l'inverse.

Il remarqua ma réaction et balbutia quelques mots que je ne perçu pas de suite, juste qu'il s'agissait d'une nécessité sur le moment pour sauver ma mère.

Christelle m'invita à m'assoir et m'offrit un café fort que je refusa. Je n'avais aucune envie de me détendre avec eux et je mourrais de rentrer chez moi. Je n'aimais pas du tout l'air que prenait mon père et il était tard.

 

« Ce n'est peut-être pas l'unique secret, pensai-je ensuite, mais j'étais fatigué, très fatigué».

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