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http://www.infirmiers.com/pdf/tfe-infirmier-Pierre-Paris.pdf

 

C'est immense, cela n'a pas de fin, c'est à peine chaud, à peine froid mais c'est mal, de part en part, rien que le mal, juste le mal. « J'ai mal » Cela voudrait dire : « j'ai mal », mais cela ne le peut pas, c'est immense, cela n'a pas de fin, cela n'a pas de forme.

C'est humain, cela entend dire, quelque part, en dehors, c'est humain. Cela ne se sait pas, cela ne se sait plus, cela s'est-il jamais su ? « Aïe ! » Cela voudrait dire « aïe ! », mais cela ne dit rien, juste un frisson comme celui qui trouble l'eau d'un lac de montagne, juste un frisson qui fait froid, qui fait chaud, qui se sent un moment et puis qui se tait.

C'est vivant, au moins c'est vivant... Au moins... rien de plus.

Le mal est partout, cela voudrait dire « douleur », cela voudrait dire « souffrance », mais non, juste le mal, un mal atroce, sans nom, ni brûlant, ni glacé. C'est le soleil noir de Queneau, le chiendent, la chiure de l'univers qui perce le tympan au point d'en vider toute la substance verbale. Rien, ce n'est rien qu'une tension insupportable qui se supporte pourtant depuis l'éternité.

Cela vibre, cela s'entend, cela devrait s'entendre, une corde qui vibre, cela s'entend, forcément ! Rien, ce n'est rien, juste une tension à l'intérieur du crâne, à l'intérieur du corps de l'infini, cela s'étend, indéfiniment, le mal se répand furieusement et ne trouve jamais la place où se reposer.

Cela coule goutte à goutte en ça sans que ça sache ce qu'est ce ça. C'est une douleur, immense, sans corps.

Plus Cela coule et plus Je deviens !

Pauvre corps, inanimé, sans âme si l'on en croit la langue latine.

« J'ai peur... » soupire comme le vent, juste un bruit entre deux tuyaux de plastique mal raccordés. « HmmmmmmPsssssssssssst » Un souffle, une respiration, c'est rien... Jusqu'à la fin.

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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