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Ouah, c'est de la balle ! du délire ! je suis reboosté à donf.

Je kiffe grave ma race.

Vous n'êtes pas au parfum ? J'ai été racheté. Un vide grenier, un dimanche matin…

Cinq euros échangés de main à la main. Cinq euros, une misère, une terrible vexation.

Par vengeance, j'ai raidi mes fibres. Elle a eu du mal à m'enfiler, à me boutonner.

 

Aux premiers accords des musiciens sur scène, je me suis encore un peu plus tendu. Croit-elle que je vais supporter cette musique de sauvage ? Croit-elle que je vais pardonner les attaques du cutter, de la pierre ponce et des ciseaux…la totale quoi !

Croit-elle…

J'ai beau empêché mes fibres de vibrer, l'ambiance survoltée, la générosité de ma nouvelle maîtresse qui se donne sans compter…

Je pue de sa sueur de son désir de plaire, de séduire…

Il me faut être résistant, se produire sur scène est une véritable performance, au sens propre du terme. Je marche en cadence, j'arpente sans me reposer la scène pendant deux heures, je saute, je danse. Les salles, clairsemées à mes débuts de bête de scène, se densifient : je dois m'habituer au public  de plus en plus nombreux et qui hurle sans répit. Qu'entendent-ils de la musique ? Je ne comprends pas. Les « plus sages », au milieu des cris stridents et continus des fans inconditionnels, scandent les paroles. Je ne m'attendais pas à ça. Je suis pris par l'ambiance, j'y succombe avec délectation.

 

   

Et puis vient le terrible soir : elle inspecte la garde-robe indécise. Je la sens partagée. Une telle soirée ? Faut-il qu'elle endosse une tenue adéquate ou doit-elle au contraire rester authentique ? Elle me sort de sa penderie, m'assortissant avec des bustiers à paillettes, puis elle se ravise et essaie une robe prêtée par un grand couturier plus en adéquation avec la cérémonie. Elle change d'avis à nouveau. Elle est perdue. Avec son portable, elle envoie des SOS.

Jamais je n'aurais pu m'imaginer que l'habillement puisse  être aussi primordial.

Au dernier moment, elle opte pour la concurrence, un ersatz de robe signé Jean Paul Gauthier. Néanmoins elle prépare un sac où elle engouffre, outre le maquillage dont elle se tartine outrageusement pendant ses prestations, plusieurs hauts provocants dont elle est friande et, je ne l'espérais plus, moi, son jean frangé.

 

Je ronge mon frein dans l'obscurité du sac. Je somnole, résigné, quand une main m'extrait de l'oubli et m'enfile prestement. Ses jambes galbées par mon tissu franchissent rapidement les quelques mètres qui les séparent de la scène. Elle se transcende, me malmenant plus qu'à l'accoutumée. Je vibre autant que les cordes de guitare de son bassiste. Je fonds d'émotion quand une fois revenue en coulisse, elle me dit : Merci, tu m'as porté bonheur. Entre ses main une victoire, une Victoire de la musique.

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