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La vague, danseuse agile, transperce l’écho du vent et fait danser son écume frémissante en une salsa endiablée tandis que les grains de sable s’efforcent de suivre le rythme en se regroupant en petits cyclones, esclaves du vent. La lune invisible à cette heure du jour, du haut de son perchoir, ne perd rien de la fête et orchestre le concert en marées continues dans un va et vient où vent et eau salée se font bataille, se frappent puis s’étreignent et s’embrassent comme deux amants dans un affront indomptable, avidement pervers dans leur complicité. De rage, la mer dénonce les assauts incessants du vent imbu de pouvoir qui se moque d’elle, s’approche, la soulève et la prend brusquement avec vigueur de manière incessante de l’aurore jusqu’à l’épuisement du jour. Repus et fatigués, maintenant apprivoisés, leurs caresses deviennent douces et tendres. Ils se bercent, se caressent amoureusement avec passion et se cambrent à l’unisson dans une plénitude savoureuse. La certitude d’être unis pour l’éternité les habite dans cette période de court répit qui suit l’apothéose de leur plaisir jusqu’à ce que s’éveille à nouveau, inévitablement, leur dualité légendaire, immuable. Témoin de cette fulgurante passion, la palmeraie raconte la palpitante aventure et la transmet jusqu’à l’intérieur des terres où incrédules les hommes de la terre tournent le récit en dérision; il s’étiole, meurt et pénètre dans les crevasses sèches et arides du sol où, pieds nus, de jeunes enfants s’amusent et rêvent de la mystérieuse union légendaire.  Rêve qui les habitera longtemps et qui les conduira à vouloir quitter leur coin de pays pour aller à la découverte des deux illustres complices.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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