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J’ai la mémoire pleine de souvenirs de chez mes grands-parents quand j’étais gosse. Ils habitaient une ancienne ferme dans le Loiret, avec une cour intérieure. Ils avaient rénovés eux-mêmes la maison. Elle était immense, surtout vue de mes yeux d’enfant. J’y conserve pleins de bons souvenirs : les parties de billard avec mon grand-père, les séances de jardinage avec ma grand-mère, les jeux avec mon amie d’enfance qui habitait à côté.

Mon grand-père était un homme de tempérament. Il ne fallait pas marcher sur ses « plates bandes » et savait se faire respecter de toutes et de tous. Un souvenir qui me reste, c’était le dimanche matin en fin de matinée, il me faisait croire qu’il pouvait pondre des œufs Kinder. Il imitait la pole et sortait de derrière son dos l’œuf tant convoité. J’attendais ce moment avec impatience car il me faisait toujours rire en imitant la poule. Je ne sais pas pourquoi j’ai gardé ce souvenir. Peut-être parce que pour moi c’était un instant magique que de voir apparaitre cet œuf. Mon grand-père était un littéraire, passionné par les livres, les murs de son bureau en étaient tapissés et j’aimais aller dans cet endroit me réfugier pour lire en toute quiétude. Il m’a transmis cet amour des livres et de la littérature. Un jour, je suis tombée sur un livre assez insolite, le journal d’un corps. En fait, il s’agissait d’un traité de médecine qui proposait des planche anatomiques du corps humains. J’ai feuilleté le livre, puis je l’ai remis à sa place dans la bibliothèque. J’aimais le regarder, en apprendre sur le corps humain, les dessins étaient d’une finesse incroyable. Ce livre ne m’a pas donné la vocation de faire médecine, je suis aussi une littéraire. J’ai dû hériter ça de mon grand-père. Parmi toutes les merveilles qu’il y avait dans la maison, se trouvait dans la véranda des semis que ma grand-mère mettait pour avoir ses fleurs d’une année sur l’autre. Elle était passionnée de botanique, mais elle ne m’a pas transmis sa main verte. Elle avait une telle patience, elle mettait en pot chacune des boutures qu’elle prélevait sur ses fleurs. Je ne me souviens pas combien il y en avait, par caisse, mais ça faisait beaucoup. J’admirais sa patience.

Un jour d’orage, elle me montra comment elle faisait ses boutures. J’admirais son geste précis, comme si elle taillait un bonsaï. L’orage ne me rassurait pas, mais je la regardais faire. Elle pouvait y passer des heures. Et puis l’éclaircie tant attendue est arrivée. C’est alors que je suis sortie pour aller chercher mon amie pour lui proposer d’aller acheter des bonbons à la boulangerie du village. Il y avait un grand choix de bonbons et nous ne savions jamais lesquels choisir. J’aime toujours autant les bonbons et je ne me lasse pas de ce souvenir, avec mon amie d’enfance parties avec nos bicyclettes à la boulangerie. Puis nous faisions un tour dans le village. Il y avait une ferme un peu à l’écart, où une famille Turc avait emménagée. Nous passions devant la ferme, et nous regardions jouer les enfants dans la cour. Ils nous semblaient un peu sauvages car ils ne se mêlaient pas à nous et restaient toujours ensemble, comme s’ils avaient peur de nous. Nous ne manquions pas d’aller les voir, mais ils ne voulaient pas jouer avec nous. Je me souviens que les parents étaient très gentils, et toujours très polis.

La grand-mère de mon amie d’enfance s’appelait Marie, donc pour moi, toutes les femmes d’un certain âge dans le village s’appelaient Marie. Remarquez, je croyais déjà que toutes les voitures immatriculées autrement que 45 pour moi c’était des étrangers ne parlant pas français, alors toutes les femmes âgées s’appelaient Marie. Je devais avoir  5 ou 6 ans quand je croyais ça. On croit des choses étranges quand on est gosse…

Et puis on rentrait après notre ballade à vélo pour goûter, de bonnes grosses tartines de pain avec du beurre et du chocolat en poudre dessus. J’adorais ça. Ce qui m’amusait, c’était de souffler avec le nez sur le chocolat qui s’envolait un peu. Après le goûter, nous continuions à jouer à des jeux divers jusqu’au crépuscule, où là mon amie d’enfance rentrait chez elle et où il était l’heure que j’aille me laver avant le dîner. C’était comme ça les vacances chez mes grands-parents. Ma grand-mère venait me raconter une histoire tous les soirs avant de m’endormir, ou elle me lisait un livre. Celui que j’aimais s’appelait Amy ma fille et parlait d’une petite fille qui vivait sa vie toute seule car sa mère était gravement malade et n’avait pas trop le temps de s’occuper d’Amy. J’imaginais ce personnage en dessin animé, un peu comme Rémi sans famille qui n’était autre que l’adaptation du livre d’Hector Mallot « Sans famille ». J’aimais beaucoup ce dessin animé.

Puis je demandais à ma grand-mère de me laisser la lumière du couloir allumée, parce que la nuit j’avais peur dans le noir. Alors elle laissait la lumière jusqu’à ce que je m’endorme, ensuite elle l’éteignait. J’ai toujours eu peur dans le noir. Maintenant ça va mieux, mais je dors quand même avec une veilleuse, pour avoir un peu de clarté la nuit.

J’ai voulu à travers ce texte rendre hommage à mes grands-parents maternels que j’ai adorés, qui sont partis trop tôt pour moi et qui me manque beaucoup chaque jour, mais heureusement, je garde en moi tous ces bons souvenirs d’une enfance innocente.

 

 

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