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En cette nuit de Noel, au milieu de la salle de séjour  décorée, enguirlandée, illuminée, la table était déjà dressée. Sur le vaisselier  accoté au mur d'en-face, trônait  un immense bouquet des roses, encadre par  deux  bougeoirs   un peu plus loin ,à l'extrémité du meuble étaient posés un lecteur de CD et des pochettes de disques .Au fond de la salle, autour d'une table basse encombrée de verres déjà à moitié pleins, des amuse-gueules des variantes; au tour de laquelle nous étions quatre anciens camarades de classes et nos épouses, tous assis ou affales sur les divans. Nous évoquions les facéties des uns ,les heures et malchances des autres. Aux voix cristallines des femmes se mêlaient celles fortes puissants des camarades. La discussion s’animait, elle était entrecoupée, de temps à autre, par des rires aux éclats. Parfois, l'un de nous se levait pour mimer tel ou tel de nos ex-prof., mais l'imitation la plus réussie était celle que faisait le plus ancien d'entre nous du proviseur: Une cigarette au coin des lèvres, bombant le ventre, il se pavanait tout comme le faisait le chef de notre l’établissement, le long des galeries du lycée, jetant des regards inquisiteurs à travers les baies vitrées des classes... A ma droite, sur une table à roulette, étaient placées des flasques, des bouteilles de formes différentes dont les contenus étaient moirés par les lumières, des canettes de bière embuées complétaient l’assortiment.

   Un bruissement  attira mon attention, suscita mon intérêt : un dialogue burlesque s'y déroulait:

  -<< Moi, Sire Wisky, né  d'un mélange  de diverses céréales, élevé dans l'une des plus grandes et plus prestigieuse Îles du monde, celle qui fut pendant plusieurs siècles maîtresse des mers et des océans. Je suis  reçu, je dirai même recherché, accueilli avec ferveur dans les milieux les plus huppés. J'ai mes entrées  aussi bien au Palais de BUCKINGAM , au bureau ovale de la Maison Blanche qu'au palais de l'Elysée ou au Kremlin. Les Emires des pays  de l'or noir m'apprécient, me consomment discrètement, furtivement. >>

  -<< Moi, Gaspadina Vodka,née d'un croisement de deux  céréales seulement, dans les plaines généreuses du KAZAKSTAN ,élevée dans les futailles  de SIBIRIE; ma cousine ,la polonaise et moi même, bien  que nous ayons un aspect anodin : limpidité, insipidité , sommes une une source de vitalité et d'énergie pour celles et ceux qui  travaillent, par des  températures bien inférieures à zéro. Je me suis, ces derniers décades, occidentalisée: on me nomme Glasnot, Gorbatchev.>>

   -<< Sire,Gaspdina soyez modestes, nous  les vins, nos cépages couvrent les coteaux et parfois même les plaines  qui bordent cette mer que l'on qualifie du " Berceau de l'Humanité". Nous sommes divers et semblables: rouges, rosés, gris,  romanées, résines, blancs pétillants, mousseux ou non. Que l'on nous nomme MADERE, XERES, CHIANTI, MALVOISIE, avec nos cousin du nord ces prestigieux Girondins  et notre noble parent le Rémois de Champagne, sommes les premiers que la Terre a vus naitre.>>

  -<< S'il vous plait ! Soyez gentlemans, écoutez, vous n'êtes seuls pas au monde, s'écrit une voix avec un rude accent teutonique, sortant de dessous  d'une frisure blonde, mousseuse; je suis, comme l'anglo-saxon et la slave, engendrée par l'orge, en Germanie où je suis fêtée  annuellement  en cette  charmante ville de Munich. Nous ne sommes pas, donc ici pour vanter nos qualités ou par dévoiler nos origines. Non ! nous sommes là  pour rendre  heureux ces Messieurs-Dames, pour que cette nuit de la Nativité se déroule sans chaises renversées , verres brisés encore  sans  voir  l'une de ces aimables personnes , rouge comme un coquelicot courir, en titubant vers les sanitaires; évitons par conséquent  toute catastrophe; par contre nous devons stimuler de fortes sensations de bien-être, de gaieté, d’euphorie. Avec la boite de musique que j'perçois sur le meuble, les exciter, les inciter à  se lever  danser, même si parfois ces Messieurs prennent quelques privautés ou laissent leurs mains glissaient et s'arrêtaient là ou in n'est pas permis. Certes c'est inconvenant, mais croyez-moi  tout sera oublié le lendemain.

   Je suis  resté sidéré par les propos entendus. Est-ce une hallucination? Ai-je trop bu?... L'hôtesse vient nous inviter de passer à table; il est presque minuit... La soirée ne s’acheva, par la magie  du Père Noel, que bien après  l'éclipse,  au matin, de la lune

 

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