Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Quelle angoisse, quelle angoisse. J'vous raconte même pas… Finalement, si… Me suis couché tard cette nuit après la belle victoire des Bleus, ou plutôt ce matin, enfin il faisait encore nuit mais on était déjà dimanche…. A peu près trois heures quoi. Odeur de fumigènes plein les cheveux, résonance sans retenue des klaxons et les yeux pleins de fatigue pour la semaine.

 

Début des vacances. Enfin pouvoir me poser, me reposer, écrire ? ! Oups ! On verra ça plus tard…

 

Je me couche, la tête bercée d'une douce folie et de belles images (je feuillette mon album Panini… Compter les joueurs m'aide à m'endormir…).

 

Je sombre…

 

Je me réveille en sursaut. Regarde la pendule : 6H00' ! ! !

 

« Toc, toc, toc ».

 

Non, je ne rêve pas, on frappe bien à ma porte. Je m'éjecte du lit, enfile le premier truc qui traîne par terre (ne faîtes jamais ça chez vous, ça peut-être dangereux) et me faufile discrètement à l'intérieur de mon œil-de-bœuf.

Mon voisin pousse un cri en voyant ma tête hirsute en sortir. Lui non plus n'a pas l'air dans son assiette. Pour plus de confort, je m'extirpe péniblement de mon perchoir et finis par ouvrir ma porte.

Quelle n'est pas ma surprise ! Il n'y a plus d'escalier pour descendre !

 

- Voilà, je savais bien qu'il ne faille pas emménager dans un immeuble

  en Construction, mais ma femme n'a rien voulu savoir.

 

Sur ce, mon voisin regagne son logement en faisant mine de claquer sa porte qui n'est même pas montée (Et oui, sans escalier, elle aurait eu du mal).

 

Je décide d'en faire autant, enfin je veux dire, chez moi et non chez le voisin. Quel con, j'ai au moins une porte, moi… Je prends soin de la fermer à clef.

 

Là je ressens comme un malaise, comme le révélateur d'une réalité qui me fait réagir, comme un déclic me restituant un morceau de ma mémoire.

Je décide donc de le réinsérer dans mon histoire.

 

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans tout cela. J'allume ma télé pour me remettre au goût du jour. Doit y avoir une grève quelconque, c'est le même programme sur toutes les chaînes. Vingt minutes plus tard, après les avoir toutes fait défiler (désolé, j'ai le câble), Je m'arrête de zapper. J'avoue ne pas comprendre de quoi il retourne. C'est bizarre, une histoire de tonneau Jamaïcain dans lequel se sont noyés des hongrois en voulant sauver un diplomate japonais qui avait négligemment égaré son appareil photo à l'intérieur… Bref, un truc dans le genre. Encore un acte manqué me dis-je ou pensais-je en finissant mes œufs à la neige. N'en pouvant plus, je replace le reste dans mon frigo, à côté de mon PovLap1 de Pak.

 

Pour essayer d'avoir les idées de Claire, Je décide de prendre un bain. Il me faut bien ça pour me débarrasser de tous ces doutes qui s'agrippent à ma peau comme de vulgaires punaises. Ah ! Comme c'est reposant, le glouglou du robinet, la mousse qui monte, l'eau qui bulle. Accrochée au mur, la photo de mon Nestor devant le moulin me donne une impression de déjà-vu.

Je m'immerge intégralement, enveloppé de la suave chaleur du liquide parfumé. Mince, je ne me rappelais pas que c'était si profond. La panique s'empare de moi. Je continue à couler, perdant la notion du temps qui passe.

Là, sous mes pieds, pointe la lumière. Est-ce un passage secret ?

Une passerelle pour un monde parallèle ?

 

J'émerge violemment pour me retrouver couché, en tenue d'Adam, dans une sorte de cabine.

 

Je n'ose bouger. Je suis apparemment seul (ouf !).

Des sons mélodieux et rythmés font danser mes oreilles qui réagissent toujours ainsi quand elles se bercent du chant des villes. Un son effroyable me fait finalement sortir de ma torpeur, le klaxon immonde d'un gros camionneur.

 

Je lève timidement le nez… Je suis bien dans une cabine.

Je me redresse prudemment. Là sur une tablette il y a un journal avec une petite annonce cerclée au feutre rouge « Agence Area recrute… »

 

Merde ! Je suis dans une cabine de péage !

 

Je risque un œil timide par le côté arrière, celui où la vitre est teinté, pour ne pas être vu.

Une cacophonie assourdissante d'avertisseurs sonores m'assaille. Je n'en crois pas mes yeux. Une file de véhicules en tous genres semble s'étaler sur des kilomètres et m'invective fortement :

 

- Ben alors, il la lève sa barrière ce connard ? On n'a pas que ça à

  foutre !

 

La porte s'ouvre brusquement.

 

- Ah ! C'est vous. Vous êtes enfin arrivé. Allez, au boulot ! On n'est

  pas payé à l'entassement de ferraille ici. Allez, encaissez et

  remplissez bien votre registre.» Me dit l'homme dans l'encadrement

  de la petite porte située à l'arrière du cabanon, en me tendant une

  boîte de craies de couleur.

- Mais, monsieur, je…

- Oui, excusez-moi, mais les stylos et tout autre support pouvant

  contenir un liquide sont désormais interdits suite à l'affaire de la

  personne qui vous a précédée à ce poste. La dame en question (dont

  on taira le nom pour préserver les innocents), empoisonnait certains

  clients en les piquant avec son stylo. Elle aurait d'ailleurs une

  complice non identifiée qui court toujours dans la nature… Vous avez

  dû le lire, c'était écrit dans le journal. Puis, si vous voulez un

  conseil d'ami, vous devriez enfiler quelque chose, vous allez

  chopper la mort !

 

Sur ce il tourne les talons et claque la porte.

 

Je reste quelque peu hébété avec ma boîte de craies dans la main. C'est en sentant les gouttelettes froides de mes cheveux détrempés que je prends conscience du ridicule de ma situation. De plus, en plongeant mon regard idiot sur le long de mon corps, je constate que je suis couvert de vieux poils de chat. Elle ne devait pas faire souvent le ménage celle-là.

A-t-on le droit d'amener son animal domestique sur son lieu de travail ?

 

Je me risque à faire un pas. Aïe ! Je marche sur quelque chose de dur et rond. Une bille ?

Non. Je le ramasse pour constater avec effarement qu'il s'agit d'un Œil de verre !

 

Je ne peux pas rester ici dans cette tenue. Le vacarme des insultes se fait de plus en plus soutenu. Je constate que les deux cabines adjacentes sont vides. Faire vite…

 

Je m'échappe discrètement par le toit ouvrant (c'est un nouveau model de cabine coupée sport…), prends mon élan, atterris sur le toit de la cabine suivante, saute de nouveau, plouf !

Mince, ce n'est pas une flaque d'eau, mais un abîme… Je fais donc le chemin inverse ?

Là, au fond, un point de lumière grossit au fur et à mesure que je m'enfonce.

Ça me laisse assez de temps pour me souvenir de ce procès fomenté par la secte des stylos contre un pauvre bougre d'écrivain accusé d'avoir plumé le derrière d'une oie pour écrire des contes à dormir debout, où l'on ne croise que des animaux.

Cette empoisonneuse en ferait peut-être partie ?

 

Sauvé !

Je sors la tête hors de l'eau et inspire profondément une bouffée d'air frais. Ouf ! Je suis bien chez moi.

Il n'empêche que je m'agrippe fortement au rebord de ma baignoire, l'angoisse pointant dans ma poitrine, comme dans la salle d'attente du dentiste qui vient d'emménager dans ma rue.

 

Je me redresse péniblement, le souffle haletant, essayant d'analyser ce qui vient de se passer.

 

Flûte ! Je n'ai pas pris de serviettes ! Faudra d'ailleurs que j'ajoute un porte-serviettes dans ma lettre au père Noël cette année pour avoir de quoi me sécher à côté de ma baignoire.

Bien, risquons un orteil, voir deux hors du bain qui, plus que me détendre, m'aura bien refroidi. Arch. ! J'aurais dû me rincer car dans ma précipitation à vouloir m'extraire rapidement de ce lieu visiblement dangereux qui me laisse sans riposte, mon pied savonneux et déséquilibré m'entraîne dans une cabriole, ma tête frôlant l'émail dans un chassé-croisé mortel.

Je donne un coup de rein pour éviter le choc ce qui n'empêche que je rate proprement (ben oui, je sors du bain…) mon atterrissage.

 

Crac ! La douleur dans mon genou droit ne fait aucun doute : Rupture…

 

Je serre les dents et réussi à m'échapper définitivement de cet endroit maudit. Je me traîne difficilement jusque sur le canapé du salon où je m'affale lamentablement.

 

Quand je reprends mes esprits, il est 10H20' à ma pendule.

Je suis couché en vrac sur mon clic-clac, la télévision grésille quelques mots incompréhensibles.

 

Une pensée stupide me traverse l'esprit :

« Vivement le mois d'août ! ».

 

C'est un peu con, puisque je suis en vacances en juillet. Bon, une bonne douche et ça me remettra les idées en ordre après se rêve abracadabrantesque.

 

Je fais un mouvement pour me lever.

 

                            Aïe ! Mon genou !

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :