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Il faisait effroyablement froid ….La Colline aux Oreilles était battu par les vents, et à cette saison de l’année, la proximité avec le cercle polaire arctique se faisait sentir ….La maisonnette, à flanc de colline semblait seule au monde.

Annie regardait par la fenêtre de sa chambre …qu’elle aimait ce paysage ! Blanc, à perte de vue, juste quelques traces de pas dans la neige fraiche. Les sapins de la foret, d’habitude si vert, avaient enfilés leurs manteaux poudrés de neige. La nature s’était endormie.

Ce calme contrastait avec l’ambiance intérieure de la maisonnette. Un grand feu crépitait dans la cheminée, réchauffant le chalet, la musique de Santa Klaus se répandait dans chaque pièces, et une bonne odeur de biscuit montait depuis la cuisine, où sa grand-mère s’affairait depuis tôt le matin.

Annie s’habilla en toute hâte et dévala les escaliers, déboula dans la cuisine, vola un biscuit, encore tiède, et se rua à l’extérieur. L’air froid lui brula les poumons, elle fut éblouie par toute cette clarté. Elle couru et se jeta dans la neige, lorsque elle entendit son grand père qui fendait du bois, l’appeler.

- Bonjour ma princesse, alors toujours aussi heureuse d’être au grand air ? – lui  demanda t il

-Oh que oui,  j’aime me rouler  dans la neige, c’est rigolo !! répondit Annie

Et ils éclatèrent de rire  de rire !

- On fait un bonhomme ?  demanda Annie

- D’accord, mais va chercher tout ce qu’il nous faut, alors : un bonnet, 2 branches, une carotte, une écharpe et des petits cailloux, pendant ce temps, je commence la grosse boule !

Annie aimait profondément son grand père, avec sa grande barbe, son petit ventre et ses lunettes, il était particulièrement attachant. Il aimait passer du temps avec les enfants, ne disait jamais non pour jouer. Cependant, son grand père avait un secret, et elle avait envie de le connaître. Comme toute enfant, elle était curieuse. Elle se demandait bien pourquoi, tous les soirs, son grand père filait après le diner pour s’enfermer dans la grange au fond du champ des rennes … Que faisait-il ? Et pourquoi tant de mystères ? 

La journée passa très vite, le bonhomme de neige était fantastique, les décorations de Noel étaient accrochées au sapin, et les savoureux biscuits étaient, à présent, dans leur jolie boite.

Après le repas du soir, Annie vit son grand père se levait et sortir de la maison. Sa grand-mère lui fit un clin d’œil de complicité mais aucun mot n’avait été échangé. Annie se laissa ébouriffer les cheveux par cette grosse main et entendit son grand père lui murmurer

-          Dors bien, fais de beaux rêves ma princesse.

-          Merci grand père, à demain. répondit Annie

Après un moment au coin de la cheminée, Annie salua sa grand-mère et alla se coucher.

Enfin, c’est ce que pense grand-mère, mais ce soir, je veux savoir ! pensa Annie

Après avoir attendu un moment calmement dans sa chambre, à pas de loup, Annie descendit les escaliers, jeta un coup d’œil au salon, grand-mère s’était assoupie devant le feu, elle fila dans l’entrée, attrapa au vol sa parka et sortit.

Annie s’immobilisa en voyant une magnifique aurore boréal bleutée éclairer le ciel d’hiver.

Elle traversa la cour puis le champ des rennes, arriva à hauteur de la fenêtre de la grange, se hissa sur la pointe des pieds mais ne vit rien, rien ne filtrait pas cette lucarne opaque. Elle fit le tour, s’arrêta face à la porte : une lumière dorée transperçait les lattes de bois. Mais que se passait-il à l’intérieur ? Elle colla son oreille au bois, attendit du brouhaha. Visiblement son grand père n’était pas seul. Elle pouvait distinguer des voix, presque enfantines, et aussi de la musique.

C’est à cet instant précis que la porte s’entrouvrit pour laisser voir le visage grave du vieil homme, encadré par une lumière dorée éclatante.

- Que fais tu ici, Annie, tu devrais être au lit !! Il fait terriblement froid, et regardes toi, tu traines en pyjama …

- Oh, ben, euh, je voulais …te voir, grand père.

Il se retourna, fais un signe de tête, et ouvrit la porte. Il s’agenouilla, et pris Annie par les épaules.

-          Annie, ce que tu vas voir ici, n’a rien de commun. ;. Tu ne l’as jamais vu et cela doit rester entre nous. C’est un secret que je tiens de mon papa, qui le tenait de son papa. Tu comprends ? Personne ne doit jamais savoir …

-          Oui, grand père, je comprends, je te fais la promesse.

Et elle entra dans le sanctuaire de la grange …. Les yeux écarquillés, bouche bée, elle n’en revenait pas …

Des petits lutins s’affairaient partout … Certains taillaient des papiers multicolores gigantesques, d’autres collaient des étiquettes, d’autres encore s’efforçaient de couper des petits morceaux de scotch, venant d’un rouleau trois fois plus grand qu’eux. Dans un coin de la grange, des lutins habillés en verts, les bras chargés de paquets, couraient aussi vite que possible pour faire emballer ces colis. Tout ce petit monde s’affolait, s’animait, s’organisait, travaillait pour réussir un grand événement : NOEL. Annie n’osait pas y croire … Est-ce que son grand père était bien celui à qui elle pensait ….

-          Grand père, on dirait la maison du Père Noel et de ses lutins. Regarde au fond, il y a même les rennes qui mangent … Oh, et ici, les lutins décorent des cadeaux, et là, d’autres chargent le traineau … Grand père, je peux te poser une question ?

Son grand père éclata de rire et tous s’arrêtèrent de travailler

             Oui Annie, je sais ce que tu vas me demander … Et la réponse est oui … Je suis le Père Noel …

Annie se jeta dans ses bras, et les lutins applaudirent, et rirent de bon cœur. Elle ne savait plus si elle devait rire, pleurer, le frapper de lui avoir caché si longtemps ce secret … Mais une chose était sure, elle, qui du haut de ces huis années, doutait de son existence, là, oui, elle avait la preuve, le père Noel existait en chair et en os !

Elle resta un long moment à la grange pour s’émerveiller mais aussi aider son grand père et les lutins, puis s’endormit sur un tas de vieux papiers froissés. Son grand père la porta pour la ramener dans son lit, mais elle ouvrit les yeux.

-          Grand père, j’ai froid

-          Je sais, je te ramène près de grand-mère, près du feu.

Et en une fraction de seconde, elle se retrouva assise près du feu et elle goutait maintenant dans les bras de sa grand mère la plus douce félicité.

 




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