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Back to the light. Attendez, ce soir, ne fermez pas les yeux sans l’avoir vu, cet oiseau de la liberté, et même si vous le faisiez, son image serait là, en vous, imprimée sous vos paupières lourdes, celles qui ont du mal à se libérer de vos vacuités et vos œillères, vos pensées étriquées, vos horizons fermés. L’oiseau, pour sa part, n’a pas d’autre idée que d’étendre ses ailes d’ange immaculées, et de vous offrir sa beauté en échange. Il paraît immobile, mais ne se fige pas dans un vol arrêté. Il plane ou remonte selon ses envies, selon les courants et au gré des vents qui le bercent et le poussent. Il n’a pas meilleur moral quand il est en haut, ni plus mauvais, quand il redescend. L’oiseau est neutre, et se rit de l'étranger ; libre et planétaire, il n'a pas de frontière : sa fonction est de voler. Dans tous les cieux de la terre. Il est chez lui. Partout.
 
Back to the light de vos amours, de vos espoirs, de vos ardeurs, de vos enfances et de vos danses ; là où l’oiseau passe, il n’y a plus de nuages. Ils sont en bas, un peu plus bas, et lui seul les contemple, de son oeil aiguisé. Il n’a pas peur, l’oiseau, car il sait qu’il ne se perdra jamais dans le court instant de leur rencontre. Vite, un coup d’aile, et le voilà plus haut qu'eux, ce dominateur de l’azur, ce souverain des horizons tremblants et purs. Un instant bref, solennel, que vous ne vivrez pas, sauf si vous croisez un jour la mouette rieuse, la sterne gracieuse, le goéland des mers, le lourd albatros, l’élégante frégate, la grue cendrée, le cygne des neiges, ou l’oie sauvage. Et seulement si vous y faites bien attention. Car l’oiseau, en son univers, n’a pas d’autre langage : celui de vous offrir sa part d’éternité.
 
Back to the light. Si l’éternité vous effraie, posez votre regard un peu plus bas, au milieu des ramiers, des pigeons blancs, des tourterelles, des colombes aux fines pennes, des oiseaux familiers, des petits piafs sans pedigree. Ils volent aussi pour vous, et à plus faible altitude, ils sont plus à portée. Et se posent volontiers. Si vous avancez la main, sans leur faire trop peur, peut-être se laisseront-ils apprivoiser. Si vous en éprouvez l’envie. Ou le besoin. Si ce geste vous est utile. Ou salutaire. A vous de juger.

Back to the light. Maintenant, fixez ce point du ciel qui semble se rapprocher. Vous distinguez une forme, pure, éthérée, ne semblant appartenir ni à l’air, ni à la terre, ni à la mer, mais plutôt au fruit de vos songes débridés. On dirait un oiseau aux ailes à demi déployées, une sorte de cerf-volant qui se meut dans un bruit de papier froissé. Il s’approche, s’approche à vous toucher. Vous ouvrez les mains, en signe d’accueil de d’espoir. Et ô miracle, ce n’était pas un oiseau, mais un livre, son dos c’est la pliure, ses ailes les pages vierges que vous n’avez pas écrites. Par risque de vous tromper. Vous vous demandez maintenant si c’est bien l’heure et le moment de vous lancer, de lisser vos plumes et de prendre votre envol. L’inspiration vous ouvre ses ailes, mais vous semblez hésiter. Vous avez le vertige et la crainte de prendre vos rêves pour des réalités. Peur de quitter votre cage. Et votre prison dorée. Peur de ce terrible mot : LIBERTE. Méfiez-vous : le chapeau du magicien n’est pas loin, l’oiseau–livre pourrait y retourner. Sans plus jamais réapparaître.
 
 
Back to the light. Retour à la vie, à la lumière, à la pureté de ce jour unique qui se lève et qui bientôt, ne sera plus.

 

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