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Milord, je t’ai trouvé,  plus exactement, je suis allée te chercher dans un refuge où trente six mille chiens aboyaient comme des fous, éperdus de liberté dans ces cages de deux mètres carrés. Tu partageais ton espace vital avec Nestor un chien tout noir qui voulait autant que toi un maître et vivre avec lui. Toi tu étais beige à reflets gris, on m’a dit que tu étais un griffon chien de chasse, que tu avais été abandonné là car dans la meute

tu détonnais et puis tu étais en surnombre ! Tu avais paraît-il un an mais…Dès que je me suis approchée, à travers les barreaux tu m’a  léché la main et  tes yeux tristes se sont subitement allumés en une prière muette.

Tu as gagné en un millième de secondes ta place dans ma vie ;  dans notre vie. Tu es venu combler un vide.

Tu as été l’étincelle qui m’a sortie de la dépression dans laquelle je coulais.

Je te revois, mon Milord courir dans les prés, aller « muloter » comme les renards dès que le portail restait ouvert. Je t’entends aboyer après les oiseaux, les vaches du pré voisin ou encore te précipiter vers moi dès que quelqu’un approchait ; tu venais me prévenir et me mettais en garde contre les « inconnus ». Ton regard s’attristait alors de peur que tu ne sois plus le seul dans mon cœur.

Une fin d’après-midi de mars, tu t’es endormi paisiblement dans mes bras après avoir vécu ta vie de Toutou.

Tu avais quinze ans…

Maintenant,  Neige est près de moi. Elle a connu les affres des chenils et les fausses adoptions.

Sauvée d’une euthanasie, elle est restée enfermée pendant plus de quatre ans. Elle aussi son âge n’est qu’une évaluation. Milord, je crois que tu as guidé mon choix.

Merci à tous les chiens qui comme toi ou Neige sont les compagnons d’infortune des humains.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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