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La campagne environnante était happée par la nuit noire et cela n’arrangea pas mes affaires, d’autant que je ne disposai d’aucun éclairage, à part un briquet. Si seulement, je n’étais pas allé me fourvoyer dans cette forêt ! Et tout cela, pour prendre un raccourci !          La connivence entre ma panne de voiture et la perte de repère géographique, coalisai contre moi toutes les énergies. Petit à petit ma vue s’habituait pourtant à l’obscurité. J’essayai ainsi de deviner les obstacles du chemin. Essayer, était d’ailleurs le terme adéquat, car en plein jour ma vue n’était pas bonne, alors de nuit… 

                                                                                                                                                    

Je marchai pendant un long moment, sans que rien ne se passe, juste quelques bruits furtifs d’animaux dans les broussailles. Je fus tellement fâché de la déconvenue, que je ne cherchais même pas à repérer les odeurs, qui devaient pourtant être présentes dans ces sous bois. J’arrivais ensuite à un embranchement de deux chemins, qui me jetèrent dans l’expectative. L’hypothétique bonne direction était-elle à gauche ou à droite ? La décision dans ces circonstances amenait assurément à un résultat aussi imbuvable qu’hasardeux !                                                                                                                  Je m’arrogeai le droit du hasard : la droite !   

 

Deux points lumineux semblaient se déplacer perpendiculairement devant moi et un bruit… un bruit qui ressemblait à s’y méprendre au feulement d’un fauve. Bien sûr, trouver dans nos contrées, aux tréfonds d’une forêt française, fusse-t-elle éloignée de toute habitation, un tel animal, relevai de la pure utopie ! Ce devait être un chat, en quête de gibier, qui passant par là, s’effraya de me voir ! Je fus pourtant intimement  persuadé que s’il s’agissait d’un chat, même sauvage, ce n’était pas ma présence ici qui pouvait l’avoir apeuré à ce point, mais quelque chose de bien plus intrigant… Les deux points lumineux disparurent et je continuai à marcher…                            

Je me rendis compte au bout d’un moment, que mon choix directionnel n’était pas le bon ! J’arrivai dans une espèce de cul de sac. Je trébuchai sur des gravats et chutai lourdement au sol. Grimaçant de douleur, je me relevai. Mes genoux étaient endoloris. Les ronces s’étaient accrochées à mes vêtements et en tirant dessus pour me dégager, le tissu se déchira et l’ourlet se défit, tombant sur la chaussure. Je devais être loqueteux et écorché de partout. J’étais prêt à repartir, lorsque j’aperçus devant moi, gisant au sol, différents objets indéterminés. Je m’approchai.

Il y avait jonchant le sol, outre les restants d’un vieux feu de camp : un livre écorné. J’allumai mon briquet pour mieux voir. Il avait pour titre « l’œil du sorcier » Je l’ouvris. Il comportait une dédicace énigmatique suivie d’un gribouillis et d’une signature illisible. Il y avait aussi, une vieille poupée toute dépenaillée. Les cavités orbitales étaient vides. La chevelure toute ébouriffée, semblait avoir été confectionnée avec une touffe de chanvre. Un vulgaire bout de chiffon tenait lieu de robe. Mais ce qui m’intrigua le plus, fut qu’elle était criblée d’épingles en acier, de la tête au pied…

 

J’en fus tout retourné, subjugué même et je quittai les lieux en m’orientant vers la droite. Décidément, je prenai toujours cette direction ! Je risquai juste de tourner en rond, me suis-je dis ! Peu importait, je n’eu qu’une hâte : fuir.

 

Un frisson me descendit le long du dos. Le froid commença à me saisir. Tout en accélérant le pas, je me posai de plus en plus de questions sur la direction prise et l’issue du chemin ! 

 

Ma question silencieuse trouva une réponse imprévue ! Le chemin après avoir suivi une courbe brusque s’arrêta devant une clôture grillagée. Un portail coulissant interdisait l’entrée d’une propriété qui semblait être celle d’un garde forestier.

 

Je décidai d’attendre, ici, le jour à se lever. Assis sur le sol herbeux, entre une touffe de broussailles et la clôture.

Il ne se passa pas une heure, lorsque j’aperçu dans l’allée empruntée tout à l’heure, un faisceau lumineux inquisiteur balayer en tout sens l’obscurité…                                    L’homme était coiffé d’une casquette. Je pensai au garde forestier. Il tenait à la main la poupée que j’avais vue toute à l’heure…

 

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