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Vous avez dit Léger ?

 

Plus de vingt ans qu'il est mort, déjà. Cependant, la fascination est toujours aussi vive et forte, comme une espèce de parenté au-delà du temps qui passe, dans cet entre-deux où tout est possible, jusques et y compris les rencontres les plus improbables.

 

Il m'a accompagnée dès la petite enfance. Il a peuplé mes rêveries d'adolescente de visions flamboyantes de couleurs et alimenté mes cauchemars d'un chien andalou qui me poursuit encore et toujours. Il a donné à ma vie cette touche de folie sans laquelle la réalité crue et nue serait insupportable d'horreurs sans cesse renouvelées.

 

Sculpture, cinéma, photographie, dessins, bijoux, décors, illustrations, peinture enfin, que n'a-t-il approché et marqué de son empreinte, lui dont la main était si docile à transfigurer ce que l'œil absorbait et le troisième œil suggérait. Tout accompli avec une infatigable « prolificité » à laquelle la sieste quotidienne, acte culturel, était une concession très codifiée dans un emploi du temps resserré. « S'asseoir sur une chaise, poser à terre une assiette vide, tenir dans la main du côté de l'assiette une clé, siester. Quand la clé échappe de la main et tombe dans l'assiette, se réveiller, aller immédiatement à ses pinceaux, peindre les images des rêves capturés ». Voilà une de ses recettes favorites, rangée dans un des nombreux tiroirs qu'il affectionnait d'ouvrir et fermer.

 

Mystique à ses heures, passionné de science, la troisième dimension l'a questionné et il n'eut de cesse que d'atteindre à la quatrième qui lui eût donné l'immortalité, lui qui disait « je pense à la mort, surtout quand je mange des sardines en boîte ». Et somme toute, cette définition paranoïa-critique de la condition humaine remet à leur place un certain nombre de supputations de tous ordres s'y rapportant.

 

En dépit de vos excès, de votre snobisme parfois, de votre côté réac-calculateur souvent reproché, vous aurez toujours une place de choix dans mon panthéon personnel, vous dont la Joconde moustachue et poilue est un délicieux crime de lèse-majesté et je vous aime Monsieur le Marquis de Pubol.

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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