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Depuis  la mort de sa femme, Alex ne quittait que rarement sa maison qu’il se souciait peu de maintenir.  Même le bar qu’il fréquentait à maintes reprises chaque semaine, ne l’intéressait plus. Quand il sortait, il allait à l’épicerie du coin pour faire ses courses habituelles et qui consistaient de fromage, de pain, de cassoulet, de tomates et de plusieurs bouteilles de vin.   Alex ne parlait plus à personne; il n’avait plus d’amis.  Il passait le meilleur de son temps à fouiller dans la vieille maie dans un coin de sa chambre et à boire.  Même son mainate ne l’amusait plus.  Il relisait toutes les lettres qu’il envoyait à Amal, la fille dont il était éperdument amoureux et qui allait devenir sa femme plus tard.  Amal était, hélas, atteinte d’une maladie rare qui la rongeait au fil des jours.

Au bout de quelques mois seulement, elle était devenue maigrichonne, comme un roseau.  Mais, cela n’entama en rien l’amour d’Alex pour elle.  Cela la rassurait et renforçait sa foi qu’elle allait vaincre cette maudite maladie qui la tuait à petit coups.  Un soir, Alex qui tenait la main de sa femme pour la réconforter, remarqua que seule une partie de son anneau était visible.  Son annulaire était tellement maigre qu’elle était obligée de mettre du sparadrap autour de son anneau pour l’y garder et l’empêcher de tomber de son doigt.  Ce geste qu’Alex jugea noble, le rapprocha davantage de sa femme et fit d’elle sa raison d’être, sa maille qui le rattachait à la vie.  Désormais, Amal n’était plus.  Alex sombra dans une indifférence totale à tout ce qui l’entourait.

Il négligea même d’utiliser son ordinateur, qui pourtant occupait une très grande importance dans sa vie, à tel point que cela rendait Amal jalouse. Alex ne songea même plus à répondre à l’avalanche de mailing qu’il recevait quotidiennement depuis l’apparition de son roman; un exercice qui le passionnait il y a juste quelques jours.  La seule lueur d’espoir qui semblait contribuer à la maintenance de sa santé mentale était le souvenir de sa femme et sa promesse à elle de ne pas succomber au désespoir.  Ses derniers mots pour lui étaient : « continue d’écrire, fais-le pour moi ».

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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