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Deux orientations, ou plutôt deux dispositions m'ont accompagné tout au long de mon enfance et de mon adolescence : J'étais un scientifique et un manuel. Je tiens manifestement ces vocations de mon père (chercheur au CNRS), de mes grands-pères respectifs ("mécanos" tous les deux) et de mon cousin "Lulu" (modeleur sur bois). La composante féminine de la famille semble m'avoir moins marqué.

            J'ai toujours affectionné le "Mécano" ; "Mécano en bois" au cours de ma jeune enfance et, "Mécano en fer" plus tard ; il y en a pour tous les âges !

            Je ne me lassais pas de monter et de démonter des objets les plus farfelus et les plus hétéroclites qui puissent être, tous issus de mon imagination fertile.

            J'étais un solitaire, un sauvage déjà alors, mais néanmoins, un fruste privilégié car très curieux et créatif, je m'ennuyais rarement.

            Je me souviens encore de certaines de mes "créations" en Mécano :

            Le Mécano en bois donc, pour commencer : J'aimais beaucoup le mouvement et, usais beaucoup des systèmes de poulies que je manœuvrais à partir de l'une des poulies  autour de laquelle j'enroulais une ficelle qu'il suffisait de tirée pour mettre tout le montage en branle.

            Je me suis mis en tête un jour de monter un hélicoptère, suffisamment grand pour que je puisse monter dedans et, si perfectionné que j'allais m'envoler avec........... Sans aucun doute possible !!

            Un système de poulies comme décrit plus haut faisait tourner "l'hélice", en fait une simple tige en bois plate. J'ai été très déçu de ne pas m'envoler du premier coup ; J'ai fini par demander l'aide de mon grand-père maternel. Celui-ci n'a pas voulu être trop critique, ne pas me décourager en pleine fièvre créatrice néanmoins, il a tout-de-même insisté pour m'expliquer ce qu'était vraiment une hélice (J'avais au moins gagné mon cours de mécanique ; j'adorais particulièrement profiter du savoir des "grandes-personnes"). Grand-père a commencé à me parler de "pas de vis", de la nécessité de vriller mon hélice qui, sans ça, n'était même pas simplement capable de brasser les courants d'air. J'ai à peu près compris les explications de Grand-père mais, un problème tout-de-même continuait à se poser : Comment me procurer une véritable hélice ?

            Je n'ai pas réussi à me procurer une hélice et cependant, je n'ai pas abandonné la partie si vite : J'ai continué à bidouiller mon appareil comme je pouvais, j'ai longtemps gardé espoir ; j'en rêvais. Il m'a fallut beaucoup de temps pour faire le deuil de ce projet icariesque

            Quand je suis devenu un "grand", je suis naturellement passé au Mécano en fer ; toujours aussi féru de mouvement et, j'étais autrement équipé : Non seulement j'avais un large éventail de poulies mais aussi, des pignons, des roues dentées, des vis-sans-fin, et, pour finir, un moteur électrique! : De quoi révolutionner le monde de la mécanique avec mes inventions !

            Je montais toutes sortes de véhicules et, avec le moteur électrique, ils roulaient! Je sens déjà voir monter vos remarques! : Ça ne volait pas. Bon! D'accord, mais rouler, ce n'était déjà pas si mal! Même si ça ne roulait pas bien vite !?

            Plus tard, je me suis mis au modélisme (Avec du bois pour l'essentiel) et, j'ai fabriqué des bateaux qui naviguaient, des planeurs qui volaient et même des avions.......... Un certain succès vers la sortie de l'enfance mais, cela ne m'amusait plus trop non-plus. Je m'en suis vite détourné.

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