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Sur le bord de la cheminée, un jour d'automne, la vieille marmite de cuivre soupirait. Elle se sentait inutile et délaissée. La moquette bleue se mit à se lamenter à son tour : « Tu n'as rien à rouspéter ! C'est plutôt moi qui pourrais me plaindre : tous les jours, on me salit et me foule au pied… »

La casserole leva un sourcil et répliqua : « Oui, mais toi au moins, tu es utile. Quand les enfants marchent pieds nus, ils apprécient ta chaleur. Quand un ado lit une BD vautré au sol, il se frotte à ta douceur… Mais moi, on ne me jette pas un regard, tout au plus un coup de patte pour que je brille ! »

La moquette reprit : « Il faut comprendre, tu es d'un autre temps, tu n'as connu ni les sparadraps, ni les tablettes numériques ! De ton temps, on cuisait la soupe au-dessus du feu. Aujourd'hui, les habitants de cette maison n'ont plus le temps ni de faire craquer l'allumette, ni de regarder les flammes. Tu peux t'estimer heureuse qu'ils te gardent en souvenir plutôt que de te vendre au plus offrant sur le tableau d'affichage à la sortie du supermarché ! »

« Tu as raison, si on me donne régulièrement un coup de patte pour que je brille, c'est qu'on tient à moi. Je crois que Madame se souvient toujours du temps où sa grand-mère et moi faisions de délicieuses confitures à la  framboise, l'odeur se répandait dans toute la maison. L'odeur d'un souvenir, c'est très précieux… ou pour employer un synonyme, je pourrais dire, l'odeur d'un souvenir, c'est inestimable ! »

 

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