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Une semaine sans vous croiser.

Une semaine sans fardeau à porter et à apporter.

Une semaine sans discrimination hiérarchique.

Une semaine sans informations déprimantes.

Une semaine sans devoir supporter cette manie des journalistes d'aujourd'hui à tirer à boulets rouges sur la moindre silhouette qui passe dans leur collimateur.

Une semaine sans toute cette désinformation où l'on grossit à la loupe un fait qui ne vaut pas un pet de coccinelle.

Une semaine sans devoir insulter mon réveil qui s'égosille chaque matin pour me rappeler mon labeur.

Une semaine sans ce café âpre, vivement ingurgité avant mon départ au bureau.

Une semaine sans ces putains d'ignorants du code de la route qui sont les premiers à vous invectiver dans les embouteillages.

Une semaine sans ces sourires convenus de mes faux-culs de collègues spécialisés dans le faire paraître pour mieux vous assassiner.

Une semaine sans la pression des aiguilles de l'horloge qui poussent le temps à avancer et à nous stresser.

Une semaine sans la clope inutile et la fois salvatrice de la microcoupure de dix heures.

Une semaine sans le rappel amère du dernier café accroché à la moindre papille pour ne pas en perdre haleine.

Une semaine sans cette pause déjeuner où tout le monde se sourit à l'attablée des cons qui s'ignorent.

Une semaine sans la glissade précipitée du temps ponctuées par ces sonneries de téléphone stridentes où au bout du compte on ne tire pas grand-chose.

Une semaine sans ce dernier quart d'heure à regarder ma montre de peur qu'elle tombe en panne et m'oublie sur le bord d'un dossier.

Une semaine sans le retour languissant vers ma cité où s'évaporent les passants.

Une semaine sans me demander ce que je vais bien pouvoir manger, le nez plongé dans ce frigo qui m'agresse d'un rot réfrigéré.

Une semaine sans le flonflon télévisuel de mes soirées sans reflets.

Une semaine sans mon air dépité devant mon lit défriché et qui bave du bord de l'oreiller.

Une semaine sans sommeil, sans rêves, sans réveil…

Une semaine sans respirer l'air vicié de ma tour bétonnée.

Une semaine que je m'en suis allé coucher sous la luzerne du cimetière d'à côté.

Une semaine  à ne plus avoir à supporter toutes ses pleurnicheries hypocrites, palabrant que je n'aurais pas dû me suicider.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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