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Quand on partait de bon matin à bicyclette

Il est là, abandonné, désuet et rouillé, le guidon de travers, les pneus desséchés,  à plat,

il a cet  air du malheureux qui est  isolé, oublié.

 

Ce vieux vélo retrouvé au fin fond de la remise ce matin,au cours de ce  réaménagement à fait

ressurgir des émotions très vives, le passé à toutes  pédales est revenu.

Soixante étés sont enfuit, torrides, ou pluvieux, tristes ou gais, avec les enfants,

puis les petits enfants….à ce jour ils  en  sont même,  arrière !

 

Me voici revenue l'année de mes 17 ans.

Je  la revois, la palpe, je la respire.

 

Cette année-là le Tour de France à la radio nous parlait d'un Fausto Coppi, bel Italien qui nous faisait rêver.

Tantine Flo, la sœur de papa nous avait conviés ma  sœur et moi dans sa plate campagne verdoyante

où le Lignon coulait calme et serein.

 

En cette période d'après-guerre, c'était  pour nous la belle insouciance, ingénues mais cependant nous étions  curieuses des choses de la vie.

 

Nous avions des copains, francs camarades avec qui nous rions gaiment de mille naïvetés.

 

La prudence était mère et nous n'avions droit à aucune familiarité. Mais cela ne nous  troublait pas, c'était ainsi.

 

Chaque après-midi nous allions nous baigner dans une  jetée assez vaste, où nous pouvions

 

plonger, sauter allégrement, en faisant mille éclaboussures sur les quelques autochtones   venus avec leur progéniture.

 

 

Puis nous repartions, légers et rougeoyants des rayons qui nous avaient si bien cuits,  pédalant en danseuse sur les routes de la contrée,

en chantant à tue-tête cette chanson  là :

 

QuandMargot dégrafait son corsage

Pour donner la gougoutte à son chat

Tous les gars, tous les gars du village

Etaient là, la la la la la la

Etaient là, la la la la la

Et Margot qu'était simple et très sage

Présumait qu'c'était pour voir son chat

Qu'tous les gars, tous les gars du village

Etaient là, la la la la la la

Etaient là, la la la la la

 

Ah cher Georges, que nous as-tu charmé !

Et dans mon âme encore tu restes indélébile.

 

Nous fêtions aussi gaiement les feux de la Saint Jean.

Le village en entier était lors assemblé, tous sautant avec courage sur les flammes vacillantes.

 

Nos  vélos garés près de l'église, nous attendaient sagement : ils ne craignaient rien !

 

Pour le 14 juillet ils étaient à nouveau mis à contribution, car le feu d'artifice était

tiré dans un  village éloigné de la maison.

 

Nos muscles aguerris n'en n'avaient que faire, et rapidement nous étions sur les lieux.

 

Les  gerbes scintillantes  nous ravissaient, les  yeux, éblouis à chaque fois par de nouvelles étincelles, et le bouquet final

attirait nos  Ohhh ! accentués, repris en chœur par tous les spectateurs.

 

Et enfin,  l'instant tant attendu,  l'ouverture du bal arrivait.

Les flonflons au son de l'accordéon enlevaient notre timidité, et nous dansions

avec ou sans cavaliers, s'épuisant jusqu'à des heures avancées.

 

Puis c'était l'heure de la levée de camp, et nos bicyclettes nous ramenaient en   toute hâte,

vers la maison de notre tante, qui de sa fenêtre, guettait anxieuse notre arrivée.

 

J'ai eu bien des vacances, agréables et variées, mais il me semble vraiment que celles-ci

en soient le point culminant.

 

Trahissant peut-être, peu ou prou,  un brin de nostalgie ?

 

 

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