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"...La boite est toujours là. Elle s'assoit sur le banc, elle la prend sur ses genoux. Elle secoue, ça bouge à l'intérieur".

 

Curieuse, Marie regarde à travers la fente. Il fait trop sombre à l’intérieur pour y voir quelque chose mais, elle en est sûre, il y a quelque chose au fond de l’urne.

Lorsque qu’elle ouvre le couvercle de la boite, elle voit des milliers de confettis de toutes les couleurs. Elle a l’impression de tenir un bocal d’où jaillirait un petit poisson en costume à paillettes rouges. Impatiente, elle plonge la main dans les milles confettis et en ressort une poignée grosse comme sa main d’enfant qu’elle lance  au dessus de sa tête.  Les minuscules  papiers s’envolent avant de retomber comme la neige sur sa joie qui éclate au cœur de la petite place.

Plusieurs enfants attirés par le son cristallin de son rire s’approchent et aperçoivent Marie sur son banc, la boite à pensées à la main.

Les confettis continuent, virevoltent et s’étalent au sol aux pieds de la fillette. Un des enfants, un petit garçon brun à la peau mate regarde le sol et montre du doigt quelque chose à Marie qui voit alors les lettres tracées sur chacun des petits papiers. Ceux retombés devant le garçon sont placés de telle sorte qu’elle parvient à lire les mots « JOLI RÊVE ».  Zut, ce n’est pas une pensée se dit-elle en relisant à voix haute les mots. Alors elle retente la chance en jetant une nouvelle poignée dans l’air du soir. 

CIEL BLEU! S’écrie le garçon en levant les bras en signe de victoire.

PLANÈTE MÈRE ? ça veut dire quelque chose ? S’interroge un autre enfant.

Ils sont maintenant huit, filles et garçons, à guetter les mots qui se forment sur le sol. Marie est heureuse, elle lance les confettis jusqu’à toucher le ciel avant de redescendre sur la cohue qu’ils provoquent. Même des grands, le sourire aux lèvres, prennent part au spectacle.

Au bout d’un certain temps, il ne reste qu’une poignée de confettis dans le fond de l’urne, Marie le sait, sans les voir elle a senti que la fin était là. Alors dans un geste aussi auguste que celui de la célèbre semeuse, le regard droit, elle ouvre une dernière fois sa main au-dessus de sa tête. Tous se sont arrêtés et attendent de savoir quels mots vont s’écrire sur le sol.

Le garçon brun qui s’était approché prend la main de Marie, tous deux regardent, muets, le dernier mot avant qu’un coup de vent ne le balaie comme s’il s’agissait d’une quelconque poussière.

ESPOIR, souffle Marie au centre de la petite place devenue silencieuse.

La nuit tombe doucement, Marie reprend l’urne vide et s’éloigne vers l’avenir.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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