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Livre : L’ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafón.

 

« L’ombre du vent » est une histoire d’amour entre l’Espagne, les livres et l’écriture, une histoire d’amour que je croyais à ce jour n’appartenir qu’à moi. Mon histoire. Une histoire que j’écrivais dans ma tête, chapitre après chapitre, sans que jamais une seule goutte d’encre ne s’échappe de mes pensées.

Mais elle était en moi, comme une profonde évidence, comme une histoire à laquelle je n’aurais pu échapper. Une partie de moi.

Lorsque par hasard, je suis tombée sur ce livre, alors que je déambulais dans une librairie de la Place Grenette, il m’a sauté aux yeux comme une révélation. Il m’a adoptée, de la même façon que Daniel, 10 ans, le personnage principal de cette histoire, se fait totalement adopter par un livre « l’Ombre du vent », enfoui sur les étagères poussiéreuses du cimetière des livres oubliés.

Passionnée depuis toujours par l’Espagne pour des raisons mystérieuses qui m’échappent encore aujourd’hui vu que je n’ai eu aucun ancêtre dans ce pays, j’ai pensé, en voyant la nationalité de l’auteur, que certaines coïncidences ne sont pas gratuites. Lorsque j’ai pris ce livre dans mes mains, j’ai tout de suite su que c’était MON livre, celui que j’écrivais depuis tant d’années au fond de mon âme. Le résumé inscrit au dos conforta ce sentiment. « Les livres sont des miroirs, et l’on y voit ce que l’on porte en soi-même » (1). Depuis que j’ai lu ce chef d’œuvre, je le porte en moi secrètement.

Barcelone, 1945. Daniel a donc 10 ans. Son père, un petit bouquiniste de la Barcelone d’après la guerre civile, l’amène au Cimetière des livres oubliés, où la tradition veut que tout nouvel initié y adopte un livre au hasard afin de le sauver de l’oubli. Le livre qu’il choisi sera « l’Ombre du vent », d’un illustre inconnu nommé Julian Carax. Dès la première page et durant 20 ans, Daniel va s’intéresser à la vie et à l’œuvre de Carax et verra sa vie entière dominée par la quête de cet écrivain maudit qui a grandi sur les Ramblas dans les années 20 avant de s’exiler pour Paris puis de s’évanouir sans laisser de traces. Il faudra attendre la fin du livre pour enfin découvrir la vérité sur cet écrivain maudit. Entre temps, le lecteur aura déambulé pendant près de 40 ans dans les vieilles rues du quartier gothique de Barcelone au charme envoutant, croisant des personnages énigmatiques, hauts en couleur, attachants ou inquiétants, jusqu’à en aimer les mêmes femmes. Le mystère de l’écrivain maudit ne cesse de s’approfondir au fil des pages, en parallèle avec la vie de Daniel avec qui le destin va être tour à tour facétieux, tragique, effrayant et tendre. La construction de ce roman, où plusieurs histoires sont imbriquées à la façon de poupées russes, dans un suspense qui ne faiblit jamais, a totalement séduit mon âme d’enfant, cette âme laissée quelque part au creux de ma mémoire, à la manière de Julian Carax, au destin pourtant si tragique.

Je crois bien qu’au fond de moi, j’ai toujours rêvé qu’un livre m’adopte et me transporte entre fiction et réalité, dans un univers parallèle, changeant le cours de ma vie à jamais, et m’entrainer de mystères en mystères, à la découverte de profonds secrets.

Comme Daniel, « L’ombre du vent » m’a choisie ce jour là et a marqué à jamais ma vie. Je pensais que si j’avais découvert tout un univers dans un seul livre au sein de cette nécropole infinie, des dizaines de millier resteraient inexplorés, à jamais oubliés. Je me sentis entouré d’un million de pages abandonnées, d’univers et d’âmes sans maître, qui restaient plongés dans un océan de ténèbres pendant que le monde qui palpitait au dehors perdait la mémoire sans se rendre compte, jour après jour, se croyant plus sage à mesure qu’il oubliait» (1) 

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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