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J’adore le café. Son arôme, quand il émoustille les narines au petit matin. Sa saveur en bouche, quand elle se déverse dans la gorge et imprègne les papilles.

 

Malheureusement, je n’en bois que très peu. Trop nerveuse. Il me donne mal au ventre et m’empêche de dormir. Alors je le consomme en glace, laissant fondre les bouchées givrées et croquant les grains chocolatés.

 

J’apprécie encore davantage le thé. Peut-être grâce à la façon dont ceux qui me l’ont fait connaître s’en abreuvent. L’heure du thé est conviviale, ritualisée. Faire bouillir l’eau dans une bouilloire sifflante, laisser infuser les feuilles dans une théière, verser le liquide dans de jolies tasses en le filtrant avec une petite passoire…

Cela me ramène inévitablement aux moments passés avec mes amis anglais. Ils exportaient leurs marchandises de leur pays lorsqu’ils venaient en vacances en France. Et nos moindres rendez-vous se ponctuaient de tea time.

Je m’asseyais confortablement dans un fauteuil capitonné et prenait délicatement la tasse que l’on me tendait chaleureusement. Du sucre servi en poudre : une, deux cuillérées à dessert, un filet de lait pour estomper l’amertume du tanin. Je tenais le récipient précautionneusement par la soucoupe, menais à mes lèvres le bord de la tasse en la pinçant par l’anse, sirotais par petites lapées le breuvage brûlant et sucré. Quel délice ! Instant de pur bonheur !

Des petits gâteaux d’outre-manche, tout un assortiment que l’on piochait dans des ramequins, accompagnaient cette pause ; du salé aussi, avec des morceaux de fromage : cheddar à la texture pâteuse et au goût prononcé.

Et nos discussions instructives sur la culture de nos deux patries. C’est ainsi sans doute que l’on s’aperçoit de l’importance de nos origines, quand se rappellent à nous les éléments qui pourront éblouir nos voisins, éléments qui nous ont ébloui et que l’on a bien vite oubliés à vivre quotidiennement parmi eux. Egalement l’enrichissement à connaître d’autres coutumes, l’apprentissage du respect face aux différences. Patchwork de multiples aspects qui constituent un ensemble étonnant néanmoins harmonieux. S’apercevoir que nous ne sommes pas si loin les uns des autres, que l’humanité est là, en chacun de nous.

Le partage aussi de la langue, la subtilité des mots, les nombreuses possibilités pour évoquer une même idée, la complexité de notre grammaire, les expressions idiomatiques qui prêtent souvent à rire une fois traduites.

 

J’ai retrouvé ce thé au souvenir unique, du thé noir. J’en déguste une tasse de temps à autre. Toujours avec ce ruisseau blanchâtre.

Immanquablement je me retrouve dans le salon français de mes amis anglais.

Point besoin de madeleine pour que les souvenirs voguent jusqu’à notre mémoire.

 

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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