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Je me l’imagine très bien, cette autre.

 

Elle serait de taille moyenne, fine et musclée. La longue chevelure lumineuse appellerait de ses reflets dorés la douceur d’une caresse. Les yeux turquoise s’élèveraient vers le ciel pour en absorber toute l’intensité lumineuse. Le nez, petit et fier, élargirait ses narines pour humer toutes les odeurs qui fleurent sur son passage. La bouche charnue s’ouvrirait pour goûter les saveurs exotiques qui conduisent à un ailleurs. Les épaules rondes soutiendraient vaillamment un corps frêle et désoeuvré. La poitrine, le ventre, les hanches et les fesses se tendraient vers de voluptueuses attentes.

Elle serait aussi sensible à tout ce qui l’entoure. Suffisamment pour compatir à la détresse humaine. Suffisamment pour profiter des bonheurs accueillants. Accepter la différence, en remplir son bagage, s’adapter aux humeurs sans se perdre soi-même.

 

Ah ! si j’étais cette autre…

 

Même si je ne suis pas cet exemple d’harmonie et d’équilibre, je peux m’efforcer de le devenir en m’attelant aux possibles. Pour le reste, je dois apprendre à en faire le deuil.

 

Je suis petite, je ne pourrais plus grandir maintenant. Musclée, je pratique assez de sport pour cela, même si ma fermeté est recouverte d’un patchwork douillet. Mes cheveux sont courts puisqu’ils ne supportent pas le poids de la longueur, et retombent essoufflés. Les yeux se parent des deux couleurs : bleu et vert, uniformément. Ils constituent mes plus chers trésors. Le nez est tel que je le désire. Les lèvres, fines, prolongent un menton autoritaire signe de personnalité. Mes rondeurs, bien que trop marquées, caractérisent une féminité épanouie.

 

Côté physique, le bilan n’est pas si négatif. Je préfère un visage avenant sur un corps rebondi plutôt qu’une figure quelconque sur une silhouette irréprochable.

Mon souhait se trouve donc exaucé !

Par contre, mentalement, il y a fort à faire. Mon hypersensibilité exacerbée me projette du rire aux larmes à l’image de l’enfant. Difficile parfois de me fondre dans l’atmosphère d’un lieu, de rester de marbre face à certaines injustices.

Peut-être ce ressenti d’éponge me permet-il d’entrevoir un monde hermétique réservé à la seule élite, parfois l’y toucher du doigt lorsque je m’adonne à la créativité, ou d’y plonger pleinement en me laissant porter par une production grandiose.

 

Alors serais-je sans doute plus heureuse si j’étais cette autre, mais autant essayer de connaître ce bonheur avec ce qui compose actuellement mon être.

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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