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Si j’étais un arbre, tu serais le vent dans mes bras s’engouffrant comme une ultime caresse l’ivresse d’une nuit d’orage....

Sur l’écorce craquelée de mon corps rouge-brun, je tatouerais ton âme pour que mes jeunes pousses s’en souviennent à jamais.

Tu me coucherais à terre dans une bourrasque effrénée tandis que les éclairs taquineraient la forêt.

Puis je me relèverais, le houppier tout ébouriffé, et les feuilles poussiéreuses de nos ébats passionnés.

Et nous recommencerions cette danse fiévreuse sous quelques gouttes de pluie et le tonnerre au loin mugissant.

Entre ciel et terre, je serais ton jouet et tu serais mon dernier souffle, à demi susurré. Un souffle invisible, dont je me contenterais.

A la belle saison, je revêtirais mon corps de bourgeons dorés que je t’offrirais, prêts à éclore sous leurs manteaux d’écaille.

Et jusque dans mes racines, aux profondeurs oubliées, je serais ivre de toi et de tes tourbillons endiablés... tu porterais mes semences au-delà des mots, au-delà des âges et de la vie.

 

Mais je ne suis pas cet arbre, et tu n’es qu’une ombre frivole, les soirs de pleine lune, à la fenêtre te guettant. Et le seul souffle en vérité, dont je me nourris tous les jours, n’est autre que celui des regrets. Qui peut se vanter d’avoir un jour rencontré le vent, si ce n’est un arbre dont les branchages chiffonnés remuent à l’infini devant l’invisible. Invisible espoir, caresse voilée, mouvement insaisissable de mes nuits solitaires.

 

Je suis tout au plus une feuille morte échouée contre un rêve.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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