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Juste une prière au milieu d’une nuit blanche, mais pourquoi ?

Peut-être pour oublier qu’il manquait une fée parmi toutes les fées penchées sur ton berceau.

Peut-être pour compenser cette absence dont personne ne t’avait jusqu’alors jamais parlé.

Petite créature innocente ouvrant les yeux sur un monde hostile, petite princesse hurlant son premier cri comme on hurle à la mort. Mais la mort n’a pas daigné te prendre, alors tu t’es accrochée à la vie, ressentant déjà dans ton petit cœur de bébé que toutes les autres fées, elles, veillaient.

Fée Amour et fée Tendresse ne t’ont jamais quitté. Tout au long des années écoulées, elles étaient présentes, inhérentes à ton quotidien. Fée Amitié n’était jamais bien loin non plus, te soutenant, t’aidant, t’aimant dans les bons et les mauvais moments.

Fée Souffrance et fée Sérénité, sœurs siamoises, se chamaillaient sans cesse pour savoir laquelle aurait la première place.

Fée Chance aussi faisait partie du voyage, mais elle était si souvent absente. Tu ressentais bien sa présence quand elle était auprès de toi, tu te sentais alors toute emplie d’un bonheur indescriptible qui te donnait le courage de regarder vers le ciel et d’y croire encore.

Dans ces moments-là, fée Espoir t’enveloppait dans de la soie vermeille, enrubannant l’avenir d’une auréole magique.

Tu souriais en regardant toutes tes fées, ces amies que tu étais seule à voir. C’est toi qui leur as donné leur nom, défini d’après les émotions que tu ressentais en leur présence.

C’était ton monde à toi, dans lequel tu t’évadais lorsque fée Souffrance s’imposait d’elle-même. Tu aurais tellement aimé lui demander de te laisser, pour cesser de souffrir, cesser d’avoir mal, mais pour retrouver sa sœur siamoise, tu savais qu’il te fallait d’abord la gérer, elle…

Tu commençais pourtant à savoir jongler avec toutes ces émotions, à savoir les canaliser, les apprivoiser, les accepter… car fée Amour te tenait toujours la main, réchauffant ton cœur brisé et ton corps meurtri. Fée Amour qui traînait derrière elle fée Force et fée Courage. Tu sentais bien que fée Chance veillait, même de loin, même lorsqu’elle était ailleurs, au service d’autres petites princesses. Elle avait tellement à faire, alors les autres fées compensaient comme elles le pouvaient, par une présence, une caresse, un sourire…

Lorsque tu t’endormais, tu prenais bien soin de les remercier toutes. Tu serrais ta petite poupée tout contre ton cœur et tu l’embrassais autant de fois qu’il y avait de fées et, à chaque baiser, tu prononçais le nom de celle à qui il s’adressait.

Là, en t’endormant, tu oubliais pour quelques heures que fée Santé n’était pas venue se pencher sur ton berceau. Tu n’avais jamais su pourquoi, tu n’avais jamais osé demander pourquoi. Tu t’étais si longtemps crue coupable d’une quelconque faute, que tu payais par son absence. Une faute, une erreur ou une méchanceté qui tu avais peut-être fait ou proféré contre elle et qui l’avait éloignée de ton chemin.

Aujourd’hui, tu ne te sentais plus coupable. Fée Fatalité t’avait expliqué, avec la complicité de fée Destin, que le jour de ta naissance, fée Santé était aller sauver un petit prince très malade. Alors, tu compris et acceptas, tu te résignas à son absence. Pendant ton sommeil, tu savais bien que toutes les autres étaient à tes côtés et tu t’endormais toujours apaisée et sereine, remerciant Dieu d’avoir délégué tous ses anges auprès de toi et que, même si fée Santé n’était pas du voyage, l’amour, l’amitié, la tendresse, la force… toutes les autres étaient là.

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