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A quoi ressemblait la pomme qu'Ève tendit à Adam ?

Que celui qui la voit verte me jette la première pierre.

Je n'ai jamais aimé les fêtes foraines. Tout ce bruit, cette agitation, la foule, leur musique sinistre, oh oui sinistre. Et les pommes d'amour, pleines de promesses cireuses, chaleureuses et fondantes, qui ne les tiennent jamais. Les pommes d'amour. Dures, acides, et froides et trop sucrées. Drôle d'amour, vraiment, ces petites choses rondes qui tachent la langue puis tachent le coeur tout comme la honte ou la colère. La honte de m'être fait avoir encore une fois. La colère contre tout ce cirque. Contre moi même aussi un peu. Je dis que ces pommes là il faudrait les cuire. Je ne m'y casserait plus les dents.

Je me console avec le nuage moelleux, fadasse et rassurant du rose délavé des barbes à papa. Pour un temps ce coton là panse mes blessures, d'amour ou d'amour propre qu'est ce que ça peut faire ? Ce n'est que pour un temps.

Fadasse et rassurant deviennent médiocre et écoeurant.

A cause du rouge.

Tellement tentant.

Vif.

Ardent.

Je la regarde se farder les lèvres.

Je me fond à sa bouche dure, froide, humide.

Seulement une femme.

Seulement une femme.

Pas une jeune fille.

Et ma pomme en amour va se faire dévorer.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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