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Voula : Soeurette, assieds-toi confortablement, sinon tu risques de tomber de haut.

 

Vicky : c’est quoi ce bordel dehors ?

 

 

Vicky vient de rentrer, elle était sortie avec son financé. Voula et moi, on éclate de rire. La tension est tombée. On attend que le bruit cesse et que la meute de badauds indisciplinés s’éloigne. La vacuité dans laquelle on se retrouve tout à coup est telle qu’on s’affale dans le salon, hésitant entre fatigue et excitation.

 

 

Vicky : Bon, vous allez me raconter ou quoi ?

 

 

Carolina : Ecoute, je suis arrivée vers 20h00. Ta sœur venait de faire à manger. Ton père dormait. La routine quoi ! Alors qu’étendues voluptueusement dans le canapé, on mangeait ces petits fours dont ta sœur a le secret, on est soudain aveuglées par des flashs sur les fenêtres et des cris dans un haut-parleur

 

 

Le flic : Veuillez apparaître à la fenêtre les mains levées derrière la tête SVP. Et pas de gestes brusques, on vous tient à l’œil.

 

 

La voix est grave, sévère, dure. On prend peur. Voula s’approche timidement de la fenêtre, l’ouvre, lève ses bras en essayant de ne pas trop trembler devant le spectacle complètement lunaire qui s’offre à elle. En bas, deux cars de gendarmes, trois voitures de police et une ambulance sont à l’arrêt et à l’affût. Des flashs, des projecteurs nous aveuglent, des fusils et des pistolets sont braqués vers l’appartement. La peur au ventre, Voula demande timidement ce qui se passe.

 

 

Le flic : Veuillez nous apporter, en le tenant par la crosse, le révolver que votre père avait à la main en rentrant…

 

 

Comprenant plus ou moins déjà la situation, je chuchote à Voula que je vais aller voir dans la chambre de son père pour y trouver ce fameux révolver, si révolver il y a bien sûr. L’ayant trouvé dans la poche de son pantalon, je suis prise d’un fou-rire tellement violent que le chef de la police m’entends et réalise qu’il y a quelqu’un d’autre dans l’appartement.

 

 

Le flic : Si vous êtes plusieurs, je vous somme de vous mettre tous à la fenêtre les mains en l’air.

 

 

J’arrive près de la fenêtre, soulevant avec précaution le fameux objet du délit et le place doucement face aux flashs des projecteurs.

 

 

Voula : Ecoutez, il doit y avoir un malentendu, c’est un pistolet en plastique

 

 

Le flic : Taisez-vous, vous nous prenez pour une bande d’abrutis ou quoi ?

 

 

Voula et moi nous combattons tant bien que mal le rire qui nous étouffe en voyant cette scène se dérouler. Le père ronflant de plus belle, complètement insouciant et inconscient de ce qui est en train de se passer, le corps las, les bras balants, le sexe en érection… et encore pas seulement le sexe, les cheveux hirsutes étaient aussi complètement érigés sur son crâne. La pièce était toute envahie de cette odeur putride qu’ont les relents de l’alcool sur un ivrogne endormi.

 

 

Le flic : Maintenant, jetez délicatement le révolver au-dessus du trempoling qui se trouve sous votre fenêtre

 

 

Voula : Mais je vous assure, il est en plastique

 

 

La situation devenait burlesque, on se sentait soudain déportées en plein scénario hilarant du film comique de l’année. Les badauds retenaient leur souffle, les flics toujours en position de tir, les lumières aveuglant toute la rue.

 

 

Le flic : Ecoutez, le gardien de l’immeuble voisin vient de nous appeler en nous disant que, suite à des bruits d’ivrogne dans la rue, il était sorti pour faire taire l’abruti qui hurlait. Celui-ci, saoûl comme un polonais n’a pas voulu entendre raison et s’est mis à crier comme la peste. Le gardien s’est énervé, l’a menacé de nous appeler et l’ivrogne a alors sorti son flingue en hurlant : « c’est pas un mirage, tu sais, alors tu fais moins le malin maintenant, pas vrai ? allez, casse-toi et fous-moi la paix ». Ensuite, l’ivrogne est rentré chez lui et le gardien nous a appelé. Alors, maintenant, veuillez jeter ce foutu flingue, et gentiment, ok ???

 

 

La scène devenait de plus en plus irréelle.

 

 

Voula : Mais, monsieur le policier, tout ceci est ridicule. Papa a effectivement un pistolet et il a dû le sortir pour faire peur au gardien qui l’ennuyait, c’est tout.

 

 

Le flic : Taisez-vous et envoyez-le.

 

 

Voula et moi, on se regarde en pouffant de rire. On cible bien le trempoling. On compte 1, 2, 3 et on jette l’objet suspect… qui fait un petit splash en tombant du 3ème étage.

 

 

Le chef de la police délègue alors son lieutenant pour aller chercher le fameux objet. Celui-ci se précipite vers l’arme qui est tombée. En réalisant qu’il s’agit bien d’un révolver en plastique, il ne se contient plus et hurle à toute l’assemblée :

 

 

Le flic : Foutez-moi le camp d’ici, tous autant que vous êtes. Sergent, faites évacuer la rue, que tous ces badauds partent et qu’on me foute la paix. Toi, le gardien, je t’attends demain matin à 10h00 au poste pour faire ta déposition, et crois-moi mon gars, tu vas pas t’en sortir comme ça. Et vous, là-haut, dites à votre père que je l’attends aussi bien sûr demain matin à la même heure. Non mais !!! vous allez pas vous foutre de ma gueule longtemps, je vous le promets.

 

 

Carolina : Voila ma chérie, là maintenant, ils sont tous en train de déguerpir. Le chef s’est tapée une de ces hontes d’enfer.

 

 

Vicky : Oui, vous crânez mais vous avez aussi  vous avez quand même dû avoir la peur de votre vie au début non ?

 

 

Voula : Oui, mais dès qu’on a compris la situation, c’est devenu tellement grotesque que ce pauvre flic nous a fait une pitié monstre. T’aurais dû être là, c’était grandiose.

 

 

Vicky : Oui, et comme dit le prophète, le ridicule ne tue pas sinon, le pauvre ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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