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L’histoire que je vais vous raconter s’est passée il y a presque dix ans. Je n’étais alors qu’une adolescente pleine de doutes et de complexes qui détestait le visage ingrat que lui renvoyait, tous les matins, le miroir de la salle de bain. Peu à peu, je m’étais repliée sur moi-même, décourageant les âmes charitables prêtes à me manifester quelque amitié. N’ayant ni frère ni sœur, je me retrouvais donc seule la plupart du temps.

 

Ce jour-là, il pleuvait. Comme souvent, je déambulais de pièce en pièce, désœuvrée. Nous habitions le Manoir. Un bien grand mot pour désigner une grande maison bourgeoise qui avait vu naître et grandir plusieurs générations de Duclos. Dans les faits, la bâtisse tombait en ruines, mes parents n’ayant pas les moyens de l’entretenir convenablement. L’arrière-grand-père Duclos avait consacré sa vie à mettre sa famille à l’abri du besoin., faisant prospérer l’entreprise familiale, achetant des maisons et des terres. Ses deux fils employèrent la leur à dilapider le patrimoine familial. Seul le Manoir fut épargné. Cette vieille demeure, dont mon père avait hérité, avait de nombreux attraits. Elle renfermait plusieurs appartements et recoins où se cachaient des trésors. Le grenier était l’un d’eux. J’y avais découvert des malles de vêtements datant d’un autre siècle,  des albums de photos de mes aïeux, un vieux coffret à pipes…

 

Je passai au petit salon. Mes parents, confortablement installés devant un feu de cheminée qui réchauffait l’atmosphère – la maison était déjà relativement humide par beau temps, alors par temps pluvieux…-, lisaient. Aucun d’eux ne me prêta la moindre attention. Je décidai de monter au grenier pour une nouvelle exploration.

 

Je grimpai une première volée de marches qui me conduisit au premier étage où se trouvaient les chambres et cabinets de toilette. Puis, je montai quatre à quatre les degrés du vieil escalier en bois qui desservait les combles. Je poussai la lourde porte qui protesta d’un grincement et allumai ma lampe de poche. Je poussai un soupir de soulagement. Nul n’était venu depuis ma dernière visite. Le sol était couvert d’une fine couche de poussière qui se soulevait à chacun de mes pas. Je décidai de m’intéresser à la grande bibliothèque où s’entassaient nombre d’ouvrages anciens.

 

Je déplaçai plusieurs livres et me mit à tousser. Cela faisait sans doute des lustres qu’ils n’avaient pas été époussetés ! Je reprenais tout juste mon souffle quand j’aperçus un vieux grimoire. Je le pris doucement et passai ma main sur la couverture. En belles lettres dorées était écrit « Le livre des sortilèges » et, sous le titre, un dessin en relief représentait un serpent lové autour d’un médaillon représentant un pentacle. Intriguée, je l’ouvris au hasard et tombai sur « le rituel du pouvoir ». Je commençai à lire :  « Allez dans une forêt à l'est de votre demeure, au milieu du jour, et trouver un arbre fourchu. À la base de cet arbre, au nord stérile, déposer une longueur de laine enroulée pour réchauffer la terre. À l'ouest protégé, placer une tranche de pain frais pour nourrir la terre. … » Alors que je tournai la page, je découvris une lettre cachetée à la cire. A qui pouvait-elle bien être adressée ? Et par qui ? En tout cas, la personne à qui elle était destinée ne l’avait pas trouvée puisqu’elle n’était pas ouverte. Avais-je le droit de la décacheter ? Ma curiosité fut la plus forte. Je fis sauter le sceau et dépliai la missive. Et, à ma grande surprise, je découvris… une page blanche. Je me moquai de moi-même lorsque soudain, une longue écriture, fine et légèrement penchée, se mit à courir sur le papier.  Et, je lus :

 

« Toi qui lis cette lettre, prends garde ! Le livre que tu as entre les mains a une valeur indicible. Il renferme tout ce que tu désires savoir sur la magie. Mais attention ! Tu ne dois l’utiliser qu’à des fins bénéfiques ! »

 

J’étais tellement effrayée par cet avertissement que j’en avais la chair de poule. Je n’avais jamais vraiment pensé que la magie puisse exister. Enfin, ni plus ni moins que toutes les filles qui portent des porte-bonheur sans y croire vraiment. Ce pouvait-il que des sorcières vivent parmi nous ? Je poursuivis ma lecture.

 

« Tu es forcément de mon sang. Sinon, ce message ne se serait pas révélé à toi. Alors, sache que je m’appelle Jules Duclos et que je suis né en 1884. Je suis peut-être ton père ? Ou ton grand-père ? Peu importe. Seul compte l’usage que tu vas faire de cet ouvrage.

 

La pratique de la magie est un art. A l’époque où j’ai trouvé le « Livre des sortilèges », je ne croyais pas à la sorcellerie, mais ma situation était délicate et j’ai décidé de jouer le jeu. J’ai suivi les conseils laissés par son précédent propriétaire. Et grâce à certains des rituels, j’ai obtenu le pouvoir, la prospérité et bien d’autres choses encore pour moi et ma famille.

 

A ton tour, tu peux améliorer ta vie et celle de ton entourage. Mais si tu désires t’engager sur la voie de la pratique, tu devras faire preuve de courage et rompre avec tes habitudes. Oublie tes préjugés ! Et fonce vers l’inconnu ! 

 

Avant que tu ne te plonges au cœur des sortilèges, tu dois connaître les trois grandes lois de la magie. La première, connue sous le nom de « loi de l’empreinte », consiste à toujours agir de façon positive sur ton environnement et ceux qui y vivent.  Si tu répands autour de toi des pensées constructives, que tu sèmes la joie, tu provoqueras des évènements positifs et attireras des personnes en harmonie avec les vibrations que tu auras émises. C’est la « loi de l’analogie ». Et, comme le dit la « loi de la récolte », tu récolteras ce que tu as semé, c’est-à-dire que si tu aimes, tu seras aimé ; si tu blesses, tu seras blessée… Les effets de cette dernière loi peuvent prendre plusieurs années parfois. Sème donc dès à présent ce que tu désires récolter au long de ta vie !

 

Il ne me reste plus qu’à te confier où j’ai caché ma pierre magique, un magnifique quartz rose. Porte-le lorsque tu pratiqueras la magie ! Il augmentera ton pouvoir et te permettra de communiquer avec l’au-delà -Peut-être pourras-tu me contacter ? Il se trouve dans le double-fond de mon coffret à pipes. J’espère qu’il n’a pas été détruit ou vendu !

 

Voilà ! Il ne me reste plus qu’à te souhaiter bon courage dans ton apprentissage de la magie. Tu commettras sans nul doute des erreurs et subiras des échecs, mais ne perds pas patience ! Le jeu en vaut la chandelle ! »

 

Les années ont passé. Je suis devenue une belle jeune fille, entourée de nombreux amis. Ma recette pour attirer la sympathie ? La voici : « réduisez quatre plumes d’oiseau et sept poils de chat en poudre, puis placez-les dans un petit sac de soie verte. Portez-le de façon qu'il en soit en contact direct avec votre peau et ce dans la région gauche de votre poitrine.» Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à me contacter. J’habite toujours le Manoir, qui a aujourd’hui retrouvé son lustre d’antan.

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