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ELLE

 

Souvent, je le croise. Juste un regard que je pose sur lui. Et puis je continue mon chemin. En pensant à lui. En imaginant ce que je ne sais pas, c’est à dire tout. Je ne connais rien de sa vie. Mais je voudrais néanmoins en faire partie. Je ne sais pourquoi.

Je suis attirée par lui. Inexorablement. Il a de la prestance, un charme fou, une voix qui me chagrine parce que je sais que jamais elle ne me murmurera les phrases que je voudrais entendre. Je le regarde souvent en cachette. Parfois, il a l’air exténué. Et là, j’aimerais beaucoup le soulager, l’aider, le masser par exemple. Je suis sûre qu’il a le mal du siècle, celui du dos.

Rarement, son regard croise le mien, mais il me semble alors impassible et vide de sensations. Pour ce regard perdu et accroché à une autre, je l’écorcherais vif. Je lui ferais passer le plus mauvais quart d’heure du monde. Et puis, elle, elle… Je le vois, sans l’avoir jamais rencontrée. Je sens son parfum. Je suis certaine qu’elle est sophistiquée. Peut-être un peu comme moi, mais en mieux, puisqu’elle a capté son regard.

A chaque fois que je le rencontre, j’ai mal. Je m’aperçois immanquablement à ces moments précis que j’ai un cœur. Et qu’il est presque exsangue.

Lorsque je rentre chez moi, ma solitude me saute à la gorge et je sais qu’il a sa vie bien remplie. Ca se voit à sa démarche. Elle est assurée. Elle n’est pas hésitante comme la mienne par exemple. Et puis son téléphone n’arrête pas de sonner, alors…

Je suis seule. Et je paierais mille fois de ma vie pour ne passer qu’une soirée en sa compagnie.

Je le devine au côté de sa mie, qui doit le ravir et le chérir, le combler.

Beurk ! Je ne devrais plus me martyriser ainsi. Il faut que je l’efface de mon disque dur. Voilà, je vais faire comme si j’étais un objet, un ordinateur qu’il faudrait formater.

Oublier. Oublier qu’il ne sera jamais mien, que son regard est froid comme l’acier de cette lame qui se rapproche de moi.

 

LUI

 

Il paraît que la maladie du siècle est la dépression. Alors bingo ! J’ai réussi à avoir quelque chose comme tout le monde ! Sauf que je suis tellement déprimé que je n’arrive même plus à en rire.

Je voudrais tant pouvoir l’attirer. J’aime sa démarche accentuée par le port d’escarpins aux talons de taille moyenne. Elle est comme une tour qui se balance doucement, au gré du vent. Elle a un pouvoir magnétique. Les regards masculins convergent souvent vers elle. Mais elle semble tournée vers ce monde que nous ne pouvons atteindre, qu’elle ne nous laisse pas connaître.

Elle doit avoir un mec. Ce n’est pas possible autrement. Elle est toujours rêveuse, donc elle pense à un mec, au sien. En plus, faite comme elle l’est, ce serait une misère si elle était seule.

Je me damnerais pour elle, pour l’approcher, même pour n’être qu’un de ses amis. Oui, j’accepterais volontiers d’être le confident par exemple. Même si je sais que cela n’aboutirait à rien de plus, je serais heureux de l’approcher, de lui parler, de capter son regard de temps à autre.

Parfois, elle écoute sa musique, ferme les yeux et se laisse aller. Je peux alors l’observer à loisir. Son visage, parfaitement dessiné, est lisse. Son élégance me transporte toujours de joie, car elle est une de ces personnes, à coup sûr, qui ne se laissent jamais aller. Elle est forte.

Je ferais n’importe quoi pour entrer en contact avec elle. Mais je suis retenu par le sentiment qu’elle a déjà quelqu’un dans sa vie, alors je laisse filer…

 

ELLE

 

J’ai décidé que je ne pouvais pas me laisser aller comme cela. Je dois reprendre le dessus. Je ne dois pas me laisser aller. Je ne dois pas. Non.

J’ai beau me répéter cela plusieurs fois de suite, j’ai quand même envie de pleurer à chaque fois que je le croise. Et parfois, je me jetterais bien sous le train que nous attendons chaque jour si près l’un de l’autre. Sauf que j’ai peur d’avoir mal.

Je vais essayer de me mettre pas trop loin de lui aujourd’hui. J’adore ses yeux qui chatouillent les choses, qui passent incidemment sur les objets. Ah ! Le train arrive.

 

LUI

 

Il faut que je fasse quelque chose. Je ne peux me laisser envahir par une dépression de merde ! En plus, j’ai envie de la connaître, elle. Je veux vivre avec elle des choses sensationnelles. Je sais qu’elle a le don pour cela. Communiquer son art de vivre aux autres. Cela se voit comme ce joli nez qu’elle a. Elle est la joie personnifiée. Mais…Ils vont arrêter de pousser, ces cons ! On va finir par tous s’étaler sur le quai, à cette allure.

 

ELLE

 

Mais ! J’en ai marre de ces imbéciles qui poussent comme si nous étions des veaux.

Oh ! Pis flûte ! Adieu, veau, vache, cooooo…

 

ELLE ET LUI

 

Arrrgh. Et voilà, un train de louper ! Fait vraiment suer ce système de transport en commun ! Oh ! Mais je suis tout contre l’objet de ma convoitise…Tant mieux ! Je n’ai qu’à en profiter et fixer ce regard que je bois habituellement. Mon amour, tu es là, tu me foudroies.

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