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Ma chère amie,

 

Tu dois te demander ce que je deviens, cela fait bien deux mois que je ne t’ai pas écris…

Je suis impardonnable de t’avoir ainsi délaissée, mais je connais ton indulgence et sais par avance que tu ne m’en tiendras pas rigueur…

D’autant plus que m’a lettre n’en sera que plus longue, au vu de tout ce que j’ai à te raconter…

Tout d’abord, du côté professionnel, j’ai enfin obtenu le poste que je convoitai…

Cela n’a pas été une sinécure et m’a demandé beaucoup de travail, je n’ai vraiment pas pu, pendant plusieurs semaines, me balader dans le boulevard du temps qui passe comme nous nommions les journées si particulières que nous nous accordions toutes deux, à faire du lèche-vitrine ou du farniente dans les parc,…

Mais tu sais que je m’accroche toujours à mes idées et que je ne lâche jamais quand j’ai un but à atteindre. Bien sûr, je n’irais pas jusqu’à mourir pour des idées, mais je défends toujours becs et ongles mes opinions et les concepts auxquels je crois. Et, tu vois, cela a fini par payer…

Et quand j’ai enfin pu m’octroyer une journée de repos, il m’est arrivé une drôle d’aventure, dans le jardin public de Montélimar.

Je pense que j’ai éveillé ta curiosité et je vais donc te raconter, ici, ce qui s’est passé.

Tu sais que j’adore les lilas qui sont dans ce parc et plus particulièrement le Preston qui embaume si fort…J’étais donc auprès de mon arbre et je fredonnais une chanson de Brassens, la balade des gens qui sont nés quelque part…

J’en étais au deuxième couplet quand j’ai été interrompue par une voix qui me disait : « Sauf le respect que je vous dois, votre interprétation n’est pas exacte, vous vous trompez dans les paroles… ».

Surprise, je me suis retournée et me suis retrouvée face à un charmant barbu, dont les yeux pétillaient de malice. Il s’est mis à me chanter le couplet exact et j’ai repris le refrain en cœur avec lui…

Nous avons ensuite engagé la conversation et, Patrick, car c’est ainsi qu’il se nomme, m’a confié qu’il avait un train à prendre le soir même, et ne connaissant personne sur la ville, il se promenait dans ce parc, si agréable au printemps, pour passer le temps.

J’ai donc passé ce temps-là avec lui, en promenant, discutant…

Nous savions tout deux qu’il n’y avait rien à attendre de notre rencontre, seulement quelques moments de plaisir innocent…

Nous avons bavardé tout l’après midi, à bâtons rompus, de tout et de rien, de nos goûts, de nos idées, de nos plaisirs, de nos regrets…

Alors que l’heure de son train approchait, nous avons même joué, quelques instants, les amoureux des bancs publics, puis, il m’a dit au revoir, et il est parti…

J’ai eu une boule dans la gorges, comme lorsque j’ai lu « L’enterrement de Verlaine », mais comme une bulle, elle a éclaté, une larme a coulée et seul est resté le souvenir, agréable comme un rêve, d’une journée hors du temps…

 

Tu vois, ma chère Fernande, que cette missive là vaut bien deux mois d’attente…

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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