Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le corps (flasque) du petit garçon de cinq ans repose sur le grand lit conjugale.

 

- Elise, les sacs sont prêt---il faut partir.

 

Assise sur le rebord du lit, trop (veule) pour bouger, trop accablée pour répondre, la maman se berce doucement.

Elle ne peut détacher son regard du doux visage si pâle de l'enfant.

C'est ainsi que depuis deux jours elle le veille.

 

Des larmes glissent sur ses joues, tombent lourdement sur son coeur et ricochent atrocement dans tout son être supplicié.

 

Avec une extrême tendresse, Paul tente de l'extirper de sa (coquille) endeuillée.

Il s'agenouille devant elle, de ses doigts essuie ses joues mouillées d'amertume.

Il la prend contre sa poitrine, cachant dans la chevelure soyeuse son propre visage tourmenté, ses yeux rougis débordant de larmes.

 

Deux coeurs à l'unisson, déconnectés de la réalité, (fuyants).

 

Rien ne peu plus les atteindre dans leur malheur.

Ils n'entendent plus la vieille radio qui diffuse leur chanson préférée, sur un air de (rock and roll) par la fenêtre entrebâillée.

Ils ne voient plus, les hautes cheminées de l'(usine) d'en face d'où s'échappent une fumée grise et (malodorante) qui pourtant les révolte.

 

Paul se redresse, prend le sac à dos siège et le glisse délicatement sous son fils. Puis le fixe sur son dos portant ainsi le poids précieux de l'amour.

 

Avec prévenance il aide son épouse à se lever, lui attache l'autre sac à dos plus petit et débordant de peluches colorées.

 

Sortir de la maison aux mille souvenirs heureux---sans se retourner.

Traverser le (terre-plein) et longer le chemin verdoyant en cette fin de printemps.

Gravir la montagne par l'étroite route rocailleuse.

Une marche longue et pénible comme un chemin de croix.

 

La raison (grimace) de n'être plus que déraisonnable.

Il est trop tard et (vain) le retour en arrière.

 

Malgré les clichés du temps jadis où la petite famille (épanouie), (flanqué) du fidèle labrador noir Ugo, partait pour de joyeuses randonnées.

 

Parce qu'un jour, Thimi est tombé gravement malade, ne pouvant plus courir puis ne plus marcher.

Les soins contraignants qui ne soulagent plus.

Alors s'efface le rire, les chants, l'ébauche du sourire.

 

Le coma---irrémédiable.

 

Comment (vivre) lorsqu'une telle tempête dévaste votre univers ?

 

Enfin, ils parviennent en haut de la falaise, épuisés.

Un vent léger les pousse vers le vide vertigineux où des vagues claquent contre les rochets du bas.

 

D'un commun accord, dans le silence entre ciel et terre face à face, ils ferment les yeux et se rapprochent l'un contre l'autre.

 

La maman tient dans ses mains celles de son enfant adoré.

Le papa l'enlace de ses bras rassurants, tendres, impuissants.

 

Bien étrange (pacte) que leur union aux coeurs déchirés d'une (coulpe) hurlante de culpabilité.

Simples mortels qui ne sont responsables d'aucun mal. Si se n'est que par amour---d'avoir enfanté l'amour.

 

Leurs corps se penchent, encore un peu plus en avant et, tombent dans l'abime.

 

Ainsi peut-on mourir d'amour---autant que de désespoir.

Tag(s) : #Textes des auteurs
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :