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Bonjour à toutes et à tous,

 

Me voici parmi vous… Merci de me faire cette petite place. J’ai découvert « l’EcritureCréative » un peu au hasard de la toile.

Je m’appelle Denis, j’ai atteint la cinquantaine (l’âge de mes artères en tout cas). Plusieurs passions m’animent, malheureusement, les journées ne font que 24 h, même si certains déodorants restent actifs beaucoup plus longtemps.

J’aime : l’écriture bien sûr, la photo, le dessin, la peinture (plutôt art brut), la randonnée, l’astronomie… Bon j’arrête là.

Je n’aime pas : me prendre au sérieux ! Et faire des fôtes d’ortografe (là, c’est pas gagné !).

 

Bon, vous voulez probablement en savoir plus. Alors, je vais commencer par le tout début, lorsque je ne portais pas encore de vêtements. Hum, je vous vois venir ! 

 

 

 

Au tout début ça a commencé comme ça …

Nous étions 300 millions. Le silence et un seul objectif : un écrin de velours au jardin d’Eden. Il fallait y entrer seul, performant et motivé.

Aujourd’hui, j’aurais tendance à dire que l’expression « Jardin d’Eden », était un peu exagérée. Mais à cette époque, un objectif et une mission me suffisaient amplement. Le salaire était superfétatoire.

Les salauds, ils commençaient déjà à pousser sur la ligne de départ ! Je me revois encore avec ma grosse tête rouge et mon gracieux flagellum, sur le chemin de Katmandou. Certains de mes adversaires présentaient quelques vices de forme ou de mobilité. Ils furent immédiatement mis à mort. Mes chances s’accroissaient. Pas de pitié pour les vilains petits « spermatos » boiteux. La glaire cervicale avait sévi. Quatre vingt dix neuf pour cent de mes rivaux déjà avaient péri. Pour éviter les chausse-trappes des derniers survivants, j’ai dû pousser, frapper et …tuer même. Ce fut à dire vrai, la période la plus combative de mon existence.

Enfin, au bout du chemin, pour moi seul, la porte s’ouvrit sur un palais merveilleux, un petit nid douillet où je pus enfin me reposer. Neuf mois de formation sans être rémunéré ! Quelle grandeur d’âme, avais-je en ce temps là !

Lorsque j’étais encore dans les eaux tièdes et nourricières, au berceau de l’humanité, je n’avais pas conscience. Je n’étais ni erectus, ni sapiens, et pas encore Homo faber demens. 

Sentant bien la gêne que je causais, malgré la discrétion dont je faisais preuve, il me fallu quitter le doux ventre maternel.

Et à partir de cet instant, commençaient les emmerdements.

Vite, en salle de travail entendis-je hurler à travers la mince paroi carnée qui me protégeait encore.

« Travail », voilà le premier mot audible dont je me souvienne. C’est fou comme parfois un mot vous colle à la peau, sans pouvoir espérer s’en dépêtrer.

Les autres, les spermato-arrivistes, ils m’attendaient à la sortie. A voir leurs têtes ridicules, je compris que j’avais devant moi une représentation figée de la civilisation judéo-chrétienne dans laquelle j’allais devoir encore nager dur… Mais cette fois loin du liquide nourricier…Et j’ai pleuré. Aussitôt, ils ont conclu que j’étais un petit bébé normal.

Alors, en petit bébé « normal », j’ai appris à parler leur langue, à feindre l’obéissance et le respect de leurs lois. Tant et si bien que je compris vite, entre deux dessins animés crétinisants, que sans l’argent et le pouvoir… point de salut. J'étais foutu. Alors, chaque matin, je me suis déguisé pour avoir l’air…dans l’air du temps.

Me voilà arrivé à l’âge de mes artères, plus serein. Socialement correct, propre sur moi, je fais mes besoins seulement aux endroits dédiés à cet effet.

Plus porté sur la réflexion et la contemplation que sur l’action pure et souvent futile, j’essaie de survivre au « bougisme » ambiant.

 

Voilà, maintenant vous savez tout.

 

 

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