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En rentrant de chez ma mère ou comment je suis passée entre les gouttes

 

L'autre soir je rentrai de chez ma mère qui habite à presque deux heures de voiture de chez moi….

Quelqu'un pourra t il me dire comment faire, quand on a une  mère qui habite à presque deux heures de chez soi, pour rentrer dans de bonnes conditions ????

Déjà, vous connaissez les mamans,

« Reprends donc une goutte » disent elles… comme si dans leur tête et leurs verres une goutte était réellement une goutte….et non une multitude de gouttes … Je reprends donc  une goutte et j'ai tous le « mal « du monde à refuser la goutte, pardon la coupe suivante….car si une goutte ça va, une coupe : bonjour les dégâts.

 

Il est 18 heures, nuit noire-noire quand j'arrive enfin à dire au revoir et  que je  remonte dans ma voiture pour le retour. Aie, aie, je n'y vois goutte !! Tiens donc, quelles gouttes ? Les gouttes qui sont en fait une coupe, ou les gouttes qui sont des gouttes de pluie ou d'autres gouttes encore dont je n'ai aucune idée ? Mais c'est quoi donc que ces gouttes ?

Après tout, je m'en fiche de voir les gouttes ; c'est la route que j'aimerais bien voir et, c'est sur, après en avoir repris une de « goutte » de champagne,  il n'y a dans mes veines plus UNE goutte de sang à l'idée de me farcir cette autoroute qui n'est plus de nos jours éclairée nulle part. Je ne sais pas très bien, je dois l'avouer, à quoi je vais la farcir, cette autoroute, mais c'est sur que je vais me la farcir.

Je n'ai donc plus une goutte de sang dans mes veines. Mais de combien de gouttes ce sang serait-il fait ? Une goutte dans ce cas est-elle UNE seule goutte ou la goutte-verre de ma mère ? Et où serait-il donc parti ce sang qui n'est plus dans mes veines ? Mais que suis-je bête.

Pardi dans ma tête, ou, pour être plus exacte, dans mes tempes ;  car c'est bien là que je le sens, c'est bien ma veine,  battre à tout rompre. Rompre ? Mais rompre quoi ? J'ai bien rompu le pain avec ma mère, mais ce ne peut être celui-ci, qui est mangé maintenant et digéré… Je commence à en perdre les pédales dont j'ai pourtant besoin pour arriver chez moi. Effectivement, je n'y vois goutte, peu importe laquelle ! Devant moi c'est le trou noir …. Va-t-il donc m'engloutir, me happer, ce que font les fameux trous noirs dont on parle tant et qui se trouvent dans l'espace? Que fait-il ici sur l'autoroute ce trou noir ??? …Je commence à me faire un sacré mauvais sang …. J'ai beau me dire que, bon sang, le mien de sang ne saurait être mauvais, puisque tout le travail généalogique que j'avais fait me l'avait prouvé, je me fais quand même un sacré mauvais sang. Oui, mais bon, puisque je n'ai plus une goutte de sang dans mes veines, c'est donc dans les tempes que mon sang est mauvais et comme entre temps je me fais un sang d'encre c'est que le trou noir a sans doute déteins sur lui…. Se pourrait-il alors que le noir de mon sang d'encre qui bat dans mes tempes en vienne à happer et avaler tout ??

J'ai le cœur au bord des lèvres. Et bien,  oui, il n'y a plus de sang dans mes  veines, alors on peut le comprendre ce pauvre petit cœur d'aller ainsi se promener, les lèvres étant, comme tout le monde le sait, proches des tempes. J'ai les jambes en coton  et j'en perds les pédales… Pas étonnant quand même vu que mon pied droit se fait de moins en moins lourd sur LA pédale qui sert normalement à accélérer.

Ce qui a pour effet immédiat de ralentir la voiture et de la ralentir encore…Mon pauvre petit cœur au bord de mes lèvres sèches, (normal, puisque je n'ai plus une goutte de sang dans mes veines)  me semble être sur le point d'éclater. Allons bon. Il ne manquait plus que cela.

Mon cœur se met à battre la chamade et me sens proche de l'attaque.

Complètement incongru,  car cela devrait au contraire me calmer cette chamade…. la chamade ne marque-t-elle pas en principe le début d'une trêve? Et bien là, non, j'ai le sentiment  que je vais m'écrouler… c'est bien une sorte de sentiment que je ne connaissais pas encore.

Certains diront que je me noierais dans un verre d'eau, n'empêche que je suis toute retournée. Forcément, plus rien n'est à sa vrai place en moi et je sens la terreur me gagner, contre qui, je me le demande bien…C'est la terreur blanche, et pourtant tout reste noir dans cette nuit. Sous le coup de cette terreur je sens mon visage se décomposer.

Manquait plus que cela, car où va-  t-il aller maintenant mon pauvre petit cœur au bord de mes lèvres et où va-t-il maintenant battre mon sang qui a déjà quitté mes veines ?

N'ayant aucune réponse à toutes ces questions je DOIS m'arrêter sur une aire d'autoroute si je ne veux pas rentrer droit dans un mur, une autre voiture ou que sais-je encore.

Et là, je sors de ma voiture, j'en fais le tour et, éberluée, je m'aperçois que j'ai un phare qui ne fonctionne pas !

C'était donc cela. Ce n'était donc QUE cela…Je respire un bon coup, ce coup remet apparemment tout en place en moi au lieu de me sonner et je change l'ampoule de mon phare…

 

Voilà comment, un jour où je rentrais de chez ma mère, j'ai réussi à passer entre les gouttes…. Non, non, ne me demandez pas lesquelles.

Sang, champagne, pluie.. Peu importe. Ne me demandez pas non plus comment j'ai fait pour passer entre les gouttes en SORTANT de ma voiture et alors que dehors il ne pleuvait même pas… Le principal n'est il pas d'être sortie saine et sauve de cet imbroglio ????

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