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Noël, Père Noël... Et Après ?

« On se dit parfois que la vie n’a pas de sens, puis on rencontre des êtres qui donnent un sens à la vie »

(Brassaï – Gyula Halàsz)

 

Et après ?

Après, on ne sait pas.

C'est peut être d'ailleurs « parce qu'on ne sait pas » qu'il est prudent et généreux de –faire- le Père Noël, là, tout de suite, quand on en a le pouvoir, sans se poser de questions. Sous l’habit de feutrine rouge vermillon, pompons et ceinture blancs, ou sans mystère, dans les vêtements de tous les jours. Qu’importe puisqu’il s’agit très simplement de donner là et maintenant.

Quand on n'a rien de "matériel", de « consommable », de « conventionnel », de « traditionnel », on a toujours quelque chose à offrir : une chanson, un sourire, une caresse, un baiser, la chaleur de ses bras, un espace d'insouciance, quelques heures "différentes", une oasis dans le désert...

Qui a dit que le bonheur, aux yeux de l'enfance, pouvait se mesurer au degré de débordement d'un caddie sur l’échelle de l’abondance, au volume de paquets rutilants sous un sapin qui bien souvent n’existe pas ?

Qui peut dire que l'enfant le plus démuni, le plus meurtri, aurait perdu -aussi- le don exclusif et magique qui est le sien : voir et sentir au-delà des horizons noircis par la misère ? Ce pouvoir visionnaire qui peut être fera de cet enfant un bâtisseur, l'architecte de son propre bonheur.

 

Noël.

Dans les bidonvilles d’une Afrique éternelle volontairement ensanglantée, en Europe aussi où, comme le disait Saint Just : «le bonheur est une idée neuve », associant ainsi bonheur et progrès ; dans les  favelas  d’Amérique Latine, des enfants qui n'ont rien, trouvent sous nos yeux déroutés par l'incompréhension, du bonheur à chanter en choeur et à danser au milieu de l'inconcevable. C'est Noël.

Noël.

Dans des refuges ouverts par Emmaüs et d'autres organisations similaires, des parents fracassés d’une injuste misère, et leurs enfants aimés, trouvent du bonheur a être -encore- ensemble, réunis autour de pas grand-chose, les uns auprès des autres. C'est Noël.

Noël.

Dans des Orphelinats et des Maisons d'accueil provisoire, ici et ailleurs, des enfants délaissés organisent de grandes fêtes, se déguisent, présentent le spectacle époustouflant de talent qu’ils ont créé, oubliant pour un temps « hier », dans le bonheur qu’est leur conscience d'exister « malgré » : un -atout- pour rester debout et marcher vers demain. C'est Noël.

Noël.

Dans des services hospitaliers d'oncologie pédiatrique, des enfants profondément meurtris dans la chair et le coeur,  dont on ne sait pas s'ils seront là demain, ont plus de force de vie et d'énergie positive que les adultes inquiets qui les entourent. Là, au milieu des sondes, des perfusions de la chimio, des petites têtes aux cheveux disparus, ce sont eux, enfants au destin peut être éphémère, qui mènent la fête, nous rassurent et nous soutiennent dans –leur- épreuve. C'est Noël.

 

Après, on ne sait pas.

On devine seulement que Noël, Mère et Père Noël sont à la fois tout et rien. C'est toi, c'est moi, c'est elle, c'est lui...Nous, vous, eux.

Un éclat de joie brillante et fugitive comme une étoile filante, un refuge assuré mais ponctuel sous les bombes, une promesse, un souffle d'espoir, le partage de rien, la lumière d'une bougie, le sourire sous les larmes, le baiser sur la peau fripée d’un vieillard esseulé, le moment magique où l'un tend la main pour en saisir une autre, inconnue.

C’est trop ? Ce n’est pas assez ?

Qu’importe, c’est toujours ce que la tendresse sait donner et recevoir.

Après ? C'est ce que le cœur de chacun retiendra.

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