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Plus de hachure, plus de cassure, son coeur et son corps, enfin, se sont reconstruits. Et, pourtant, il a été dur le choc. Tous ses proches le croyaient perdu à jamais, et pourtant, il vit comme tout un chacun aujourd´hui. Alors, est-ce une question de courage, de volonté ou tout simplement le destin qui l´a décidé ? Il ne sait pas et ne veut pas savoir, il se dit qu´il est en vit aujourd´hui et qu´il faut en profiter... Encore et toujours.

Par chance, et surtout par amour, sa femme et ses enfants sont là, près de lui, ils ont décidé de le préserver, de ne pas lui infliger une nouvelle douleur, celle de la séparation. Et pourtant, il l´aurait bien mérité ! C´est lui qui a cherché à sortir tous les soirs jusqu´à trois heures du matin, à boire, à faire la fête avec les copains, il n´est pas malin ! Il rentrait dans les pires combines et sa femme payait toujours les pots cassés. Elle n´en avait jamais assez de lui, même au moment de son accident qui aurait pu lui être fatal. Non, jamais elle n´avait haussé le ton, jamais elle ne lui en avait voulu.

Elle n´avait pas regretté non plus de l´avoir épousé. Le plus important pour elle, c´était qu´elle savait qu´il allait s´en remettre, qu´il n´allait pas mourir. C´était certain, ces dettes de jeux n´étaient rien comparées à ce terrible accident. Elle lui ferait certainement la morale à ce  propos, mais un autre jour. A cet instant, elle voulait seulement profiter de lui, comme une seconde vie. Elle voulait profiter de sa douceur, de sa tendresse, de ce petit air candide qui s´inscrivait sur son visage.

Pour elle aujourd´hui, le temps n´existait pas. Elle était heureuse de l´avoir retrouvé, elle ne voulait plus le quitter. Son amour pour lui était encore plus grand. Rien ne pourrait plus jamais les séparer.

Absolument rien, même pas une panne d´électricité qui voudrait les plonger dans le noir et les empêcher de se faire un tendre baiser.

Non, rien. Elle le suivrait partout maintenant, même dans le jogging matinal que le médecin lui avait recommandé de faire tous les matins.

Elle avait trop peur qu´il replonge, qu´à nouveau il se retrouve entre les quatre murs d´une chambre d´hôpital. Il avait du mal à comprendre cet acharnement à le suivre sans cesse, mais il l´acceptait. Il savait que c´était pour son bien, que c´était simplement parce qu´elle l´aimait. Alors, il se taisait.

Une dernière fois ce soir, il l´a regardé tendrement, il était tout émoustillé de savoir qu´enfin il pouvait s´endormir paisiblement à ses côtés. Ils étaient heureux elle et lui de se dire, malgré les craintes qui persistent, qu´enfin le ménage était reconstitué, que la vie de famille allait pouvoir reprendre son cours. Alors allongé à ses côtés, pour la secondes fois de sa vie, il lui fit un baisemain furtif, mais d´une infinie tendresse..

Sa main était froide, mais pas surgelée comme les repas qu´il prenait à l´hôpital. Et ce soir, c´est sûr il n´aurait pas de mal à la réchauffer, tellement il l´aimait. Elle était tout pour lui, sa femme, sa compagne mais aussi sa mère.

Tout au long, de son hospitalisation, elle était restée à ses côtés, comme une mère qui surveille son enfant. Elle en était consciente, cette surveillance aurait pu lui jouer des tours, mais, encore une fois, ni elle ni lui n´avait rien dit. Leur amour était trop grand.

Ils ne souhaitaient qu´une chose : vivre encore des tas de petits moments enivrants qui font que la vie leur semble encore plus belle et plus gaie.

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