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Je tombai du lit, ce matin là, avec un bruit de cylindre dans la tête, mais un bruit de cylindre...! Et cette sensation d'avoir un énorme casque en plomb enfoncé sur le crâne...! En vacillant, je cherchai en vain mes pantoufles dans le noir et, bien qu’avec mes varices il ne me soit pas recommandé de marcher sur le carrelage glacé, je me dirigeai pieds nus vers la cuisine en quête de mon thé matinal.

 

A la vue du désordre ambiant je compris que, comme tous les matins, les petits avaient encore fait des leurs… Entre les biscottes et le beurre trainait une vidéo de karaté, des ciseaux tout collés de confiture, et une colonie de fourmis avait envahi la gamelle du chat malencontreusement posée sur la table… Seul bon point dans ce décor apocalyptique : un verre d’eau dans lequel trônait un petit bouquet de coquelicots, fort joli, une attention de mon cher et tendre, seul esthète de cette famille….

 

L’infernal tourniquet dans ma tête ne cessa qu’au bout de la troisième tasse de thé qui me parue mièvre et insipide à souhait, mais qui mit heureusement fin à l’épisode migraine… OUF !

 

Je constatai alors - avec hélas encore plus d’acuité - l’ampleur du carnage ! Vorace comme pas deux, le chien rongeait voluptueusement dans un coin de la cuisine le reste de mes pantoufles. Une envie soudaine de battre comme plâtre cet idiot de carnassier me submergea quelques instants, mais je fus aussitôt distraite de ce projet par la vision du chat juché sur la palliasse de l’évier : le coquin, joueur comme pas deux, s’amusait à se faire peur avec un bout de branchage à la forme rigolote rapporté du jardin… Mais soudain mon sang se figea dans mes veines ! Nous avions, la veille, sulfaté tout le jardin !! Je me précipitai pour lui ôter des pattes le morceau de bois et lui jetai pour le consoler une petite balle en plastique rouge qui avait je ne sais comment atterri dans le broc à lait… Ce qui eut l’honneur de le combler de joie au-delà de mes espérances, et des siennes apparemment…OUF !

 

Bon ! Allais-je enfin pouvoir prendre mes quartiers dans "ma propre" maison ?? Hum...! Je me mis consciencieusement à la recherche du linge sale de mes petits monstres, retirai de leurs poches une dizaine d’objets répugnants, mouchoirs dégoutants, asticots et autres pièces de monnaie et choses pourtant proscrites… et mis en soupirant la machine à laver en route…. OUF !

 

Après toutes ces vicissitudes, je m’octroyai une petite pause bien méritée en m’avachissant devant mon feuilleton du matin, quand un bruit sec me fit sursauter : la trappe du magnétoscope venait de se déclencher toute seule ! La curiosité me fit m’approcher, et là, je poussai un cri d’horreur : une cassette porno ??! NON !! C’est impossible. Qui… qui était l’affreux coupable ? Mon mari ?? Pensez donc !!...Quoi… ? Mon ainé ? Douze ans… ??? L’idée d’une telle absurdité me fit éructer un petit rire nerveux, tandis que soudain, sans prévenir, le cylindre dans ma tête recommença de plus belle son manège effrayant de bruit métallique insupportable !

 

Je me sentis dériver inexorablement vers un sentiment d'angoisse, incontrôlable... A bout de force, sans doute guidée par le secret espoir de découvrir un moyen de minimiser la gravité de cette aventure, je me surpris à remettre  machinalement la cassette à son début, et à appuyer mollement sur la télé commande - (non sans avoir préalablement fermé les volets, comme par peur d’être surprise - avouez que c’est pathétique, mais enfin)….

 

Un homme élancé - modelé à la perfection il faut bien le reconnaitre - était là, devant mes yeux hagards, en pleine action avec une femme dont je ne voyais que le… (et dont le moins qu'on puisse dire, est qu'il était - disons- "hospitalier")... Mais... Ben… ? N’y avait-t-il donc pas de prologue offert à ce genre d’histoire ? Bien que non spécialiste, cela me laissa perplexe…

 

Plus je regardais mon ami l'acteur porno, plus je finissais par lui trouver un certain charme, quelque chose d’assez charismatique au final, quoique plutôt brouillon  dans ses gestes… Mais soudain je poussai un cri d’horreur ! Son zizi… Mon dieu, était-ce possible ? La taille de celui d’un, d’un… d’un - aucun synonyme n'existe !! - celui d’un... ELEPHANT !!

 

 

C’est alors que le réveil sonna…. dans un bruit épouvantable de cylindre rouillé.

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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