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Dans le ventre de ma mère, le Mémoire de la Terre, de l'Air et du Feu distillait dans mon âme son Eau régénératrice. Je n'étais que Mémoire. Engrangeant, engrangeant...

 

Mémoire, Muse, Musique.... Dès l'âge de deux ans, je cherchais à réveiller ma Muse sur les touches jaunies d'un vieux piano qui s'était endormi chez une voisine de palier... 

 

Y chantait une brise, triste et belle ; une chanson de lune et d'espoir qui dansait au rythme de mon coeur. Y brûlait un Feu qui n'en finissait pas de s'éteindre, une chandelle qui ne faisait que mourir derrière une porte fermée, et que je réchauffais et rallumais au Feu des petits doigts de ma Mémoire.

 

J'y creusais l'empreinte d'un futur qui se rémémora à moi sept ans plus tard, ce jour merveilleux où ma mère m'offrit la Terre de ma Vie : un petit piano jouet pour noël ! Et je devins la fille du Vent ; celle qui fait vibrer les lèvres de son chant sur un instrument sans paroles, celle qui touche et s'enfonce dans la Terre des sons magiciens, des sons inconnus et proches, qui transforment l'Eau de toutes les larmes en prières réchauffantes, ouvreuses de portes et rallumeuses de chandelles de désespoir...

 

Des sons de toutes les couleurs...

 

Y pleurait un manque. Un vide immense qui sifflait dans le silence, dans tous les silences qui erraient autour de mes doigts. Un Fantôme protecteur et effrayant drapé dans un drap de mensonge et d'amour que j'essayais de coudre et de découdre an jouant de plus en plus fort, de plus en plus vite, toujours plus, joyeusement et douloureusement, en suivant amoureusement les méandres de ma Mémoire fabuleuse, précise et réglée comme la carte du Monde de ma Vie...

 

Je Savais.

Sans savoir que je Savais.

Alors, je Jouais.

 

Jusqu'au jour où ma mère me fit un aveu.

 

Elle me dit... elle souleva le drap de ce fantôme... ce drap de mensonge, ca drap d'amour pour me protéger...

 

Elle me dit... que le monde s'écroulait. Que le Vent se retournait contre moi, que la Terre s'ouvrait sous mes pieds, que l'Eau du désespoir et du Néant m'engloutissait...

 

Que tout ce que je croyais n'était...

Que de père, je n'avais...

Que je n'étais...

 

Elle voulut me consoler, encore...

Alors, n'ayant pas de nom à me donner... plus de mot, plus de raison, plus d'arguments, elle...

Elle cria :

 

" Tu es la fille de la Musique !"

 

 

"Au clair de la lune, mon ami Pierrot, prête-moi ta plume pour écrire un mot. Ma chandelle est morte, je n'ai plus de feu, ouvre-moi ta porte pour l'amour de dieu.."

Tag(s) : #Textes des auteurs
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