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La falaise vers laquelle se dirigeait Uriel était impressionnante. Il avait repéré sur sa carte avant de partir un espèce de chemin qui permettait de la contourner. Il le trouva et commença son exploration.

 

L’île lui semblait silencieuse et abandonnée. Il ne croisa personne durant son ascension sur le plateau. Il pensa alors qu’Euxane avait judicieusement choisi cette île, elle qui recherchait le calme et la nature.

 

Alors qu’il arrivait vers un village, tout aussi désert, Uriel fut pris dans une embuscade. Quatre personnes lui tombèrent dessus sans même qu’il n’ait eu le temps de s’en apercevoir. Il essaya de se battre, et malgré sa robustesse, il comprit vite que c’était inutile. Puis un autre groupe s’avança vers eux. Ils prirent part à la bataille et obligèrent les premiers à relâcher Uriel. Trop tard. Il sentit une forte brûlure envahir son corps au niveau de l’épaule qui le paralysa de douleur. Il eut le temps de regarder la plaie, puis s’évanouit. La lame lui avait transpercé l’épaule.

 

Le chef des Urubayus demanda à ses amis de transporter le blessé vers une case.

 

Lorsqu’il reprit ses esprits, Uriel constata qu’il était seul et qu’un énorme bandage lui maintenait l’épaule. Il essaya de se lever, mais une forte fièvre lui fit tourner la tête immédiatement. Il s’allongea et s’endormit à nouveau.

 

Quelques jours plus tard de délires et de cauchemars, Uriel ouvrit un œil Puis deux. Il avait l’impression d’une nouvelle naissance. Un autre lieu. Une autre vie. Il était tout de même assez nerveux, et pas très à l’aise de se retrouver alité dans une case.

 

Une jeune femme se tenait à ses côtés.

 

Elle ne lui posa aucune question tandis qu’elle s’apprêtait à refaire le pansement. Son visage était grave. Triste. Elle tenta tout de même un sourire en guise de « ne vous inquiétez pas, tout va bien ». A côté de lui se trouvait un espèce de haricot.

 

-         Ne touchez surtout pas cela, rétorqua la jeune femme immédiatement. L’Anamirta Cocculus est une plante qui, mal utilisée, peut être très toxique. Cette drupe noire, sèche, en forme de haricot, contient une seule graine nommée Coque du Levant. Celle-ci contient de la picrotoxine.

 

-         Vous m’en direz tant...

 

-         Elle vous a aidé à combattre les coliques que vous avez eues, en plus de la blessure... Mais les gens d’ici s’en servent d’appât pour tuer les poissons, car elle contient un poison neurotoxique...

 

-         J’espère que vous savez ce que vous faites...

 

-         Je suis médecin.

 

-         Que m’est-il arrivé ? reprit Uriel en tentant de se lever.

 

-         Ne bougez pas, rétorqua Euxane, vous allez avoir des vertiges. Vous êtes tombé dans une embuscade. Le Chef des Urubayus vous a ramené jusqu’ici pour que je vous soigne. Je vous laisse vous reposer.

 
La jeune femme disparut de la case aussi vite qu’elle y était rentrée. Uriel ne comprit pas tout de suite ce qu’il faisait là. Peu à peu, sa mémoire lui revint à l’esprit. Il se souvint du foulard mauve, du manuscrit et de ce qui l’avait fait venir sur cette île. Il se remémora les 4 jours de mer qu’il avait passé quasiment sans dormir, à ébaucher les traits de cette jeune-femme, à toutes ces folles pensées que l’on ressent lorsque notre cœur commence à s’emballer, et à tous ces espoirs fous qui nous font passer de l’infiniment sombre à l’infiniment éclatant... 

 

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