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Lorsqu’elle arriva au village, Euxane comprit qu’il s’y était passé quelque chose. Personne ne déambulait dans la rue, pas même une poule. Elle se rendit chez le Chef des Urubayus, Istamy, qu’elle questionna de son regard. Il lui expliqua que la tribu des indigènes Yakos, la deuxième tribu de l’ïle, était en proie à une soudaine révolte. Leur nouveau chef, Matayupa, fils du grand Yakalmo, avait poussé sa propre tribu à la rébellion contre les Urubayus, en leur laissant croire que ces derniers les volaient et allaient piller toutes leurs réserves. Le Chef des Urubayus était désoeuvré. Jadis, Yakos avait été son fidèle ami. Son fils, avide d’espace et de pouvoir, avait profité de sa mort récente pour monter les Yakos contre les Urubayus, d’où l’atmosphère pesante de ces derniers jours où Istamy avait passé son temps à essayer d’apaiser tous les indigènes de la région. En vain. L’heure était venue à la révolte. Un brouhaha grondait de la plage, et Istamy savait que les heures à venir allaient être les plus terribles de sa vie. L’île avait été désertée auparavant par les adeptes de plongée sous-marine et tous les étrangers en quête de calme et de sérénité. Ils voulaient tous profiter des ressources apaisantes de l’île mais certainement pas de cette révolte ! Tous leurs voiliers avaient pris le large avant la tempête. Maintenant Euxane comprenait toutes ces voiles multicolores qu’elle avait vu prendre la mer.

Le peuple Urubayu était un peuple pacifique, comme l’étaient les Yakos dans le temps. Jusqu’à lors, ils n’avaient jamais connu de révolte. Tous s’entendaient bien, partageaient même certaines cultures grâce à l’amitié fidèle qui unissait les deux chefs depuis leur enfance. Mais ce temps était désormais révolu.

Euxane prit les mains d’Urubayu contre ses joues, tendrement. Il était un peu le père qu’elle n’avait jamais eu. Des larmes tremblotaient dans leur regard. Puis, reprenant ses esprits, il lui demanda de quitter l’île à son tour. Mais c’était impensable. Elle avait trouvé la paix intérieure ici, il était donc inconcevable qu’elle quitte ses amis. 

La tribu Urubayu s’apprêta donc à recevoir les Yakos.

L’affrontement fut sanglant. Femmes et enfants couraient en tous sens tandis que le vieux chef tentait toujours désespérément de faire entendre raison à Matayupa...

Tag(s) : #Textes des auteurs
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